Bruxelles, 16/01/2007 (Agence Europe) - Si la Commission insiste sur la nécessité d'assurer la transparence, la liberté et la diversité du paysage médiatique européen, les débats et consultations qui ont précédé l'adoption mardi d'un document de travail de ses services montrent qu'une initiative communautaire sur le pluralisme des médias n'est pas appropriée à ce stade. Le document élaboré par les services des Commissaires Viviane Reding et Margot Wallström envisage plusieurs étapes afin d'examiner le degré de pluralisme dans un secteur en pleine concentration et pour lequel plusieurs résolutions du Parlement européen ont déjà évoqué des risques de violation de la liberté d'expression et d'information, notamment en Italie.
Outre le document de travail des services de la Commission, qui propose un bref examen des marchés européens des médias audiovisuels et écrits, ainsi que des informations sur les réglementations nationales en matière de propriété des médias et sur les modèles réglementaires des 27 États membres, la stratégie de la Commission prévoit deux autres étapes devant déboucher sur de nouvelles consultations: (a) une étude indépendante sur le pluralisme des médias dans les États membres de l'UE afin de définir et de tester des indicateurs concrets et des objectifs permettant d'évaluer le pluralisme des médias dans les États membres de l'UE (en 2007) ; (b) une communication sur les indicateurs du pluralisme des médias dans les États membres de l'UE (en 2008), qui servira de base à une large consultation publique et pourrait mener à une évaluation de l'opportunité d'appliquer les indicateurs du pluralisme des médias, par exemple dans le cadre d'une étude supplémentaire.
Dans un communiqué, Angela Mills Wade, Directrice du Conseil des éditeurs européens (EPC), se félicite des conclusions du document de la Commission, qui accepte qu'il n'y a « pas de stricte corrélation entre concentration des médias et pluralisme » et qui reconnaît, selon elle, que l'UE n'a pas de compétence pour intervenir dans ce domaine. Dans un communiqué, elle insiste: « Le Conseil européen des éditeurs croit que la question du pluralisme doit être jugée et traitée au niveau national (…)» et « nous n'accepterons jamais l'argument en faveur d'une nouvelle législation européenne sur la concentration des médias ». (ab)