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Bulletin Quotidien Europe N° 9308
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) pe/commission

Le Parlement ne ménage pas ses critiques sur le programme de travail de la Commission pour 2007

Strasbourg, 16/11/2006 (Agence Europe) - Le programme de travail de la Commission européenne pour l'année 2007 a donné lieu le l4 novembre à un large débat, dont les conclusions seront tirées dans une résolution qu'il votera en décembre (pour la déclaration du président Barroso et la position des groupes politiques, voir EUROPE n° 9306). « Nous voulons des résultats » et nous tiendrons compte de vos demandes, a assuré la vice-présidente de la Commission européenne Margot Wallström à l'issue du débat

Le programme de la Commission n'avait en effet pas fait l'unanimité chez les parlementaires lors du débat du 14 novembre et, c'était à prévoir, des voix très critiques s'étaient élevées, de certains côtés de l'hémicycle. Beaucoup de pays membres ne veulent pas davantage d'Europe, s'est exclamé le Suédois Nils Lundgren (Indépendance et démocratie), qui déplore l'« activisme politique » de la Commission. Le conservateur britannique Roger Helmer a lancé quant à lui une attaque en règle contre les coûts excessifs de la bureaucratie européenne (déclarations de Günter Verheugen à l'appui). D'autres critiques sont plus concrètes: le travailliste britannique Stephen Hughes a regretté que l'union sociale « soit immobilisée »: le dernier acte législatif adopté dans ce domaine remonte à trois ans. Et la Britannique Elizabeth Lynne (ALDE) a plaidé pour un retrait de toute législation superflue, notamment dans le domaine du travail, de la santé et de la sécurité. La présidente de la commission économique et monétaire, la socialiste française Pervenche Berès, dit oui au partenariat écologie/énergie, mais elle demande qu'on lui donne les moyens budgétaires et fiscaux nécessaires. Et elle a averti: il faut déjà se mettre au travail sur la révision des perspectives financières. Dans le même groupe, Enrique Baron voudrait en savoir plus sur la manière dont on va mener les négociations de Doha, lesquelles vont avoir une influence directe sur la politique européenne. Un autre déficit a été constaté par la sociale-démocrate allemande Evelyne Gebhardt: on veut attribuer la protection des consommateurs à un des nouveaux Commissaires (la Commissaire bulgare, NDR), mais le programme ne dit pas un mot de cette politique, qui est pourtant importante pour les citoyens.

La Commission a dû également avaler pas mal de critiques en ce qui concerne la cohésion. Très bien pour les objectifs, décrète le Français Jean-Marie Beaupuy (ALDE), mais on aimerait bien savoir comment la Commission va s'y prendre pour les atteindre. L'idée d'avoir des études d'impact est positive, a estimé le conservateur britannique John Bowis, insistant sur l'indépendance dans laquelle elles doivent être menées. Le socialiste finlandais Reino Paasilinna a quant à lui souhaité un baromètre de la solidarité européenne, permettant de comparer les résultats dans les différents pays.

En ce qui concerne la justice et les affaires intérieures, la socialiste française Martine Roure s'est prononcée pour des sanctions sévères contre les employeurs qui exploitent les travailleurs clandestins, les traitant parfois comme des esclaves (nous avons été dans les Pouilles et l'avons constaté sur place, a-t-elle expliqué, mais il s'agit d'un problème dans toute l'Union). Deux élues néerlandaise, Sophia in't Veld (ALDE) et Kathalijne Buitenweg (Verts/ALE) se sont vigoureusement insurgées contre l'inaction en matière de discriminations fondées sur la religion ou les préférences sexuelles. Au sein du groupe GUE/NGL, l'Italien Giusto Catania et le Grec Kyriacos Tryantaphyllides ont condamné l'attitude prohibitionniste vis-à-vis de l'immigration d'une Europe qui s'érige en forteresse. De façon plus générale, le conservateur britannique Malcolm Harbour s'est demandé si une liste de plus de cinq priorités mérite vraiment ce nom. Quant au social-démocrate Jo Leinen, il a dit placer de grands espoirs dans la déclaration de Berlin pour le 50ème anniversaire du Traité de Rome, en souhaitant qu'elle parle plus d'avenir que de passé. Et éventuellement d'énergie: c'est bien par l'énergie que l'Europe a commencé.

Quant aux relations extérieures, la socialiste belge Véronique De Keyser trouve le contenu du programme de la Commission « elliptique et presque subliminal ». On n'y dit rien sur l'Afrique, sauf dans le cadre de la politique de développement, presque rien de l'Amérique latine, et il y a une absence totale de référence aux droits fondamentaux, a-t-elle regretté, ajoutant qu'à la lecture de ce document, la politique étrangère « semble plutôt relever de la politique bilatérale ». Le Britannique Andrew Duff (ALDE) fait confiance au soutien des citoyens à l'Union comme acteurs sur la scène politique internationale. Du côté des Verts, l'Allemande Angelika Beer exprime une certaine déception: quid des instruments dont doit disposer l'Union dans ce domaine et de la politique de voisinage tellement célébrée ? Veut-on en faire une « politique light » ?

Message reçu, a répliqué en substance la vice-présidente de la Commission Margot Wallström: le Parlement plaide en premier lieu pour le développement durable, la création d'emplois et une croissance qui tiennent compte des ressources naturelles et de l'environnement. « Nous devons le faire à l'européenne », a convenu Mme Wallström. Quant à un autre des grands soucis des citoyens, la sécurité sous tous ses aspects (contre le terrorisme, contre la criminalité, contre la pollution de l'environnement), Mme Wallström affirme que le nombre de propositions législatives dans ce domaine a augmenté. Nous avons voulu un programme plus politique, a-t-elle conclu en s'élevant contre certaines critiques, notamment celle sur un prétendu oubli de la défense des droits de l'Homme, qui est « une très haute priorité dans tout ce que nous faisons ». (lg)

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