Bruxelles, 16/11/2006 (Agence Europe) - Deutsche Börse ne mènera pas à bien son projet de consolidation boursière avec Euronext, le groupe allemand s'étant retiré de la course au rachat du groupe paneuropéen, une semaine après avoir suspendu ses négociations avec Borsa Italiana. Alors qu'elle avait manifesté un très fort intérêt pour acquérir son rival paneuropéen, la bourse de Francfort a annoncé le 15 novembre qu'elle renonçait à payer un prix trop élevé pour cette opération. « La Deutsche Börse a décidé mercredi de ne pas poursuivre son projet de fusion avec Euronext », indique le groupe allemand dans un communiqué, précisant: « Cette décision est basée sur le fait qu'une transaction avec le soutien des deux parties n'était plus possible et - vu l'évolution récente des deux titres - sur le fait qu'une transaction ne serait plus créatrice de valeur pour les actionnaires de Deutsche Börse ». La voie est désormais libre pour le New York Stock Exchange (LYSE), qui avait aussi des visées sur Euronext. Ce dernier avait même manifesté sa préférence pour un rapprochement avec le groupe américain, dont la remontée des cours depuis six mois rend l'offre plus attractive aux yeux des actionnaires de la bourse paneuropéenne (qui regroupe les places financières de Paris, Amsterdam, Bruxelles et Lisbonne). Alors que NASDAQ a jeté son dévolu sur London Stock Exchange, la consolidation boursière en Europe semble se poursuivre sous la forme d'alliances transatlantiques, alors que la concurrence pourrait prendre une forme inédite. L'annonce le même jour de la création par sept banques d'affaires internationales (Citigroup, Crédit Suisse, Deutsche Bank, Goldman Sachs, Merrill Lynch, Morgan Stanley et UBS) d'une plate-forme de transactions en actions dans la zone euro préfigure une âpre concurrence avec les bourses traditionnelles, qui détiennent jusqu'à présent le monopole. Ce projet devrait être lancé en 2007, coïncidant avec l'entrée en vigueur au 1er novembre 2007 de la directive européenne sur les marchés d'instruments financiers (MiFID), qui prévoit la création de ces nouvelles plates-formes de transactions (les Multilateral Trading Facilities), afin notamment de rendre l'échange de valeurs mobilières plus rapide, plus sûr et moins cher. (ab)