Bruxelles, 10/11/2006 (Agence Europe) - Les ministres de la Défense de l'UE se réuniront tôt, le 13 novembre, pour une session consacrée aux capacités militaires de l'UE, à la coopération civilo-militaire et aux opérations de l'UE. A cette occasion, ils devraient notamment déclarer pleinement opérationnels les groupements tactiques armés de l'UE (GT-1500) dès janvier 2007. Les ministres de la Défense se réuniront ensuite dans le cadre du comité directeur de l'Agence européenne de la Défense (AED) et devraient, en principe, annoncer le lancement du premier programme conjoint en matière de recherche et de développement axé sur la protection des forces.
Les ministres de la Défense de l'UE commenceront leurs travaux en faisant le point sur les opérations militaires de l'UE. Ils discuteront notamment de l'opération Althea en Bosnie-Herzégovine, en présence du commandant de l'opération, le général John Reith. L'idée est de prendre, au mois de décembre, la décision de principe de réduire significativement, mais progressivement, le nombre des troupes européennes sur le terrain. La décision de principe sera confirmée au début de l'année 2007, en fonction de l'évolution de la situation en Bosnie mais aussi dans la région, et notamment au Kosovo. C'est à ce moment-là que sera connu le calendrier de retrait progressif ainsi que le nombre d'hommes qui resteront sur le terrain. Les ministres discuteront aussi de la possibilité de maintenir en réserve une capacité de réaction (qui pourrait prendre la forme d'un GT-1500) qui ne se situerait pas forcément en Bosnie mais qui serait déployée en cas de besoin. Les ministres feront aussi le point sur la force EUFOR déployée en République démocratique du Congo (RDC). Les ministres discuteront de la meilleure manière de mettre un terme à l'opération. Le mandat s'achève le 30 novembre mais les troupes européennes n'auront terminé leur redéploiement qu'aux alentours de la fin décembre. Il s'agit d'examiner quelle pourrait être l'attitude des troupes encore sur place si la situation venait à se dégrader après le 30 novembre. Un « débat juridique » sur la question est en cours au sein de l'UE, a reconnu un diplomate. Les ministres discuteront en outre du renforcement de l'action de l'UE dans le domaine de la réforme du secteur de la sécurité (EUSEC RDC). Les ministres feront aussi le point sur le soutien de l'UE à la mission AMIS de l'Union Africaine au Darfour.
Les ministres de la Défense de l'UE s'attelleront ensuite aux capacités de l'UE dans le domaine militaire et devraient déclarer pleinement opérationnels les GT-1500 à partir de janvier 2007. Ce qui signifie que l'UE disposera en permanence de deux GT-1500 en « stand by », c'est-à-dire déployables en quinze jours pour mener simultanément deux opérations indépendantes. Chaque nation cadre organisera des exercices d'entraînement pour les GT-1500. Le premier aura lieu le 21 novembre en Allemagne, pour le GT-1500 réunissant l'Allemagne, les Pays-Bas et la Finlande.
Réunis au sein du comité directeur de l'AED, les ministres de la Défense devraient annoncer le lancement du premier programme conjoint en matière de recherche et de développement axé sur la protection des forces. La France, l'Allemagne, la Belgique, l'Italie, l'Espagne, la Finlande, la Pologne, la Hongrie, l'Estonie, le Portugal, Chypre, la République tchèque, la Slovaquie, la Slovénie, les Pays-Bas et la Suède auraient déjà annoncé leur intention d'y participer. L'Autriche devrait s'y ajouter, portant ce chiffre à 17 Etats membres participant au programme sur 24 (le Danemark bénéficie d'un « opt-out » en matière militaire: NDLR), la France, la Pologne et l'Allemagne étant les trois principaux contributeurs. Ce programme, dont le budget serait d'environ 50 millions d'euros pour trois ans, couvrira cinq domaines dont la protection collective, la protection individuelle, les systèmes de communications sécurisés, l'analyse des données et la planification de missions - au sein desquels l'AED a identifié 18 secteurs de recherche. L'idée est de constituer un réseau de spécialistes et de favoriser l'intégration au sein de l'Union européenne. Le programme sera dirigé par un comité de gestion, composé de représentants des Etats membres participants et présidé par l'AED, qui décidera où affecter l'argent et à qui attribuer les contrats. La Norvège va participer au programme. Ce qui lui serait possible puisqu'elle a signé un accord administratif lui permettant de coopérer à l'AED (signalons qu'un accord similaire avec la Turquie est toujours sur la table du Conseil et que la Suisse serait intéressée à signer un accord semblable).
Le comité directeur de l'AED devrait enfin approuver le budget de fonctionnement de l'agence pour les trois prochaines années. Rappelons que celle-ci aimerait recevoir environ 20 millions d'euros pour 2007-2009, soit une très légère augmentation par rapport à son budget actuel (5 millions par an). L'AED publiera en outre ses statistiques sur l'effort de recherche en matière de défense qui, sans surprise, devrait souligner le manque d'investissements des Etats membres en la matière.
Au cours de leur déjeuner, les ministres de la Défense discuteront notamment de la situation en Afghanistan afin de réfléchir aux moyens de rendre l'aide de l'UE sur le terrain plus efficace, mieux coordonnée au niveau interne et externe. Ils discuteront aussi de la valeur ajoutée que pourrait avoir une mission PESD de l'UE pour la réforme de la police afghane par rapport à ce que certains Etats membres de l'UE (comme l'Espagne, l'Allemagne, l'Italie) font déjà en la matière.
Signalons en outre que le Haut représentant de l'UE pour la PESC, Javier Solana, signera ave la France, l'Espagne, l'Italie et la Belgique, un accord permettant au centre satellitaire de l'UE, situé à Torejon en Espagne, de bénéficier de l'imagerie du système satellitaire Hélios II. (dt)