Bruxelles, 10/11/2006 (Agence Europe) - Les ministres des Affaires étrangères de l'UE aborderont lundi 13 novembre la situation dans les Balkans, en République Démocratique du Congo (RDC) et au Moyen-Orient. Mardi 14 novembre auront lieu plusieurs Conseils de coopération entre l'UE et respectivement l'Arménie, l'Azerbaïdjan, l'Afrique du Sud et la Géorgie. Un Conseil d'association réunira aussi Européens et Jordaniens.
Après la réunion conjointe avec les ministres de la Défense (voir nouvelle suivante), les ministres débuteront leurs travaux par une session affaires générales. Les ministres se pencheront d'abord sur la préparation du Conseil européen des 14 et 15 décembre sur base d'un projet d'ordre du jour de la Présidence finlandaise: principalement l'élargissement de l'UE, la justice et les affaires intérieures, ainsi qu'un point innovation et énergie évoqué à Lahti (EUROPE n° 9291) et une partie relations extérieures. Ils reviendront au déjeuner sur les différents rapports de progrès sur la Turquie, la Croatie et les pays des Balkans occidentaux que la Commission a publié cette semaine (EUROPE n° 9302), sans que ce point ne soit approfondi. Enfin, ils auront un débat public sur le programme de travail de la Commission pour 2007, qui recense 21 initiatives stratégiques (EUROPE n° 9293).
La session consacrée aux relations extérieures portera d'abord sur la situation en République démocratique du Congo suite aux élections du 29 octobre, dont la Commission et le Haut représentant pour la PESC Javier Solana avaient salué le bon déroulement (EUROPE n° 9297). Dans ses conclusions, le Conseil soulignera aussi le rôle positif joué par les troupes européennes dans le pays (opération EUFOR-RDC), dont le mandat arrive à échéance le 30 novembre (voir autre nouvelle). Les ministres des Affaires étrangères examineront ensuite la situation dans la province serbe du Kosovo et devraient adopter des conclusions en ligne avec les recommandations du groupe de contact, qui était réuni le 10 novembre à Vienne. Vendredi, les représentants américains, britanniques, italiens, français, allemands et russes devaient évoquer le futur statut de la province avec le représentant spécial de l'ONU, Martti Athisaari, qui sera aussi présent lundi à Bruxelles. Le président serbe a fixé, vendredi, les élections parlementaires en Serbie au 21 janvier prochain. Cette décision pourrait décaler le calendrier envisagé pour résoudre la question du statut au-delà de la fin de l'année, après les élections serbes. Le Conseil adoptera aussi des mandats de négociation sur des accords de facilitation de visas et de réadmission entre l'UE d'une part, la Bosnie-Herzégovine, l'ancienne République yougoslave de Macédoine, le Monténégro et la Serbie, ainsi que l'Albanie d'autre part. Les ministres évoqueront aussi le lancement d'un nouvel accord central européen de libre-échange (CEFTA) élargi aux pays de l'Europe du sud-est. Des discussions sur les directives aux négociations concernant l'accord de partenariat UE-Russie, qui doivent être définies unanimement avant le Sommet du 24 novembre, sont aussi à l'ordre du jour. La question fait débat, le ministre polonais de l'Economie, Piotr Grzegorz Wozniak, a même indiqué jeudi qu'il sera difficile pour la Pologne de souscrire à un accord avec la Russie, si Moscou ne ratifie pas la Charte sur l'énergie (voir autre nouvelle).
Au déjeuner, les ministres examineront la situation en Afghanistan (en compagnie des ministres de la Défense - voir autre nouvelle), en Iran et au Moyen-Orient. Sur ce dernier point, ils adopteront des conclusions, alors que les violences dans la bande de Gaza et en Cisjordanie se poursuivent, comme l'illustre l'opération israélienne du 7 novembre à Beit Hanoun, qui a fait 18 morts (EUROPE n° 9303). Ils appelleront aussi les Palestiniens à progresser vers la formation d'un gouvernement d'union nationale, apportant leur plein soutien aux efforts du président palestinien Mahmoud Abbas en ce sens. Les ministres devraient aussi prolonger de six mois la présence au point de passage de Rafah de la mission d'assistance de l'UE à la frontière (EUBAM Rafah). Le Conseil réitérera son appel au respect par toutes les parties de la résolution 1701 sur le Liban, notamment de l'embargo sur les armes. La situation reste aussi tendue en raison des vols réguliers de Tsahal au dessus du territoire libanais. Le survol des positions de la Finul au Liban par des avions militaires israéliens le 31 octobre a ainsi bien failli se terminer par une « catastrophe », a commenté mercredi la ministre française de la Défense, Michèle Alliot-Marie. Les avions israéliens « ont adopté une position hostile » envers les troupes françaises et allemandes au sol, qui, à la vue de la manœuvre, « étaient à deux secondes de tirer sur les avions qui les menaçaient ». Le ministre français des Affaires étrangères Philippe Douste-Blazy a convoqué l'ambassadeur israélien à Paris, pour lui demander de s'assurer que de tels incidents ne se reproduisent plus. Les ministres feront enfin le point sur le dossier nucléaire iranien, les « Six » (UE-3, Chine, Etats-Unis et Russie) étant toujours en discussion au Conseil de sécurité sur un projet de résolution de l'ONU envisageant des sanctions à l'encontre de Téhéran.
Le Conseil adoptera par ailleurs des conclusions sur la situation en Ouganda ainsi que sur le renouvellement des sanctions à l'encontre de l'Ouzbékistan. Le régime de sanctions en vigueur depuis novembre 2005 à la suite du refus du président Karimov d'accepter une enquête internationale indépendante sur les événements sanglants d'Andijan arrive à échéance le 14 novembre (EUROPE n° 9068). (ab / eh)