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Bulletin Quotidien Europe N° 9274
JOURNEE POLITIQUE / (eu) pe/bulgarie/roumanie

Satisfaction générale au PE et dans les milieux économiques après les rapports sur la Bulgarie et la Roumanie - Critique sévère des Verts

Strasbourg, 27/09/2006 (Agence Europe) - Les réactions des députés européens aux rapports de la Commission sur la Bulgarie et la Roumanie (EUROPE n° 9273) sont quasiment toutes positives et chaleureuses, même si beaucoup de félicitations exprimées au Parlement européen et dans les milieux socio-économiques de l'UE sont accompagnées d'une mise en garde aux deux pays de ne pas baisser les bras et de poursuivre les réformes au-delà du 1er janvier 2007. Parmi les principaux groupes politiques au PE, seuls les Verts ont exprimé des critiques sévères, non pas sur la nécessité politique et historique d'intégrer la Bulgarie et la Roumanie, mais sur la manière et le contexte général dans lequel cet élargissement a été préparé et décidé.

Au nom du groupe du PPE-DE, son président Hans-Gert Pöttering a salué une décision « que nous avons tous espérée ». Il s'agit d'une « étape historique » pour les deux pays qui « retournent ainsi à la famille européenne unifiée à laquelle ils ont toujours appartenu ». C'est seulement en se rappelant d'où les deux pays viennent, « après 40 de communisme sans Etat de droit et sans démocratie » que l'on peut se rendre compte de l'effort de réforme gigantesque que les peuples bulgare et roumain ont accompli au cours des derniers dix ans, a souligné M. Pöttering. Cependant, ce moment historique ne doit pas cacher les déficits qui subsistent en matière de lutte contre la corruption, de gestion des fonds communautaires et de mise en œuvre de la législation communautaire en général. « Il serait irresponsable de fermer les yeux à l'égard de ces défaillances » qui devront être corrigées le plus rapidement possible, a-t-il estimé. Nous espérons que la Bulgarie et la Roumanie feront les efforts nécessaires au cours des prochains mois et que les mesures de sauvegarde pourront être évitées, a ajouté M. Pöttering: « cela dépendra en fin de compte des deux pays eux-mêmes ». Aux peuples bulgare et roumain, le chef du groupe PPE-DE a dit: l'adhésion à l'UE ne sera pas le « paradis sur terre », car la réalité risque de prendre rapidement le dessus sur l'euphorie actuelle, « mais j'espère que le dynamisme que vous apportez renforcera l'esprit de coopération entre Etats membres, car c'est seulement en agissant ensemble que nous aurons un avenir » dans cette Union européenne élargie. M. Pöttering a plaidé dans ce contexte « pour le maintien de la substance de la Constitution européenne ». (Wilfried Martens, le président du Parti Populaire Européen (PPE), a aussi salué les rapports de la Commission: les partis affiliés de Bulgarie et en Roumanie deviendront en 2007 des membres à part entière du PPE, affirme-t-il dans un communiqué).

Pour le groupe PSE, son président Martin Schulz s'est exprimé dans le même sens. L'adhésion de la Bulgarie et de la Roumanie poursuit un projet d'élargissement qui est « unique au monde », a-t-il estimé. « Oui, nous souhaitons la bienvenue aux deux pays. Il s'agit de la réunification de l'Europe, de la fin de la division du continent européen », d'un projet d'une portée historique énorme « dont nous devons être fiers ». Les peuples bulgare et roumains qui se sont battus contre le communisme et qui ont accepté des sacrifices énormes méritent notre respect. En outre, a dit M. Schulz, « si nous décidions de les laisser dehors, de reporter l'adhésion à 2008, cela n'améliorerait rien. Au contraire, l'insécurité dans ces pays et dans toute la région de la Mer Noire serait encore plus grande ». Il est donc « raisonnable et juste » de les accueillir en 2007, « en dépit du scepticisme et des doutes qui peuvent exister » sur leur état réel de préparation, a conclu M.Schulz.

Au nom du groupe ALDE, son président Graham Watson a estimé: « Nous serons deux de plus. Nous serons donc plus forts », car la taille géographique de l'UE est importante dans un monde qui bouge et dans lequel l'Europe veut et doit défendre ses valeurs et ses idées. Il est évident qu'il y a du « travail inachevé » dans les deux pays, mais les mesures d'accompagnement et le risque de mesures de sauvegarde devraient permettre de résoudre ces problèmes, a estimé M.Watson qui a insisté sur la nécessité que les deux gouvernements fassent les efforts requis très rapidement. « L'UE aurait-elle un intérêt à laisser la Bulgarie et la Roumanie en dehors ? Non! », s'est exclamé M. Watson, pour qui les citoyens européens doivent savoir que cet élargissement sera, comme les élargissements précédents, une affaire profitable pour tous, une situation « gagnant-gangant ». (Dans un communiqué, la présidente du Parti Européen des Libéraux, Démocrates et Réformateurs ELDR, Annemie Neyts, souhaite que « le grand public soit correctement informé des progrès significatifs accomplis par la Bulgarie et la Roumanie et des préparations qui ont précédé l'élargissement ». L'ELDR ne croit pas que l'élargissement de l'UE devrait s'arrêter après l'accession de la Roumanie et de la Bulgarie, précise le communiqué de Mme Neyts. « Nous sommes entièrement unis pour affirmer que l'UE doit honorer les engagements à la Croatie, aux pays des Balkans occidentaux et à la Turquie. Les négociations d'adhésion qui sont en cours prendront un certain nombre d'années, ce qui permettra à l'UE d'adapter ses institutions »).

Pour le groupe des Verts/ALE, le co-président Daniel Cohn-Bendit a sévèrement critiqué la façon générale dont cet élargissement est préparé et décidé. « J'ai rarement vu dans ce Parlement un débat plus hypocrite que celui que nous avons aujourd'hui », a-t-il lancé. « Nous avons décidé il y a un an de dire « oui » à l'adhésion des deux pays. Or, je suis sûr que si on avait eu, à ce moment-là, les rapports d'aujourd'hui (du 26 septembre), nous aurions dit « non ». « M. Barroso vient nous déclarer que pour le prochain élargissement, il nous faudra d'abord une réforme institutionnelle. Nous avions dit cela quand nous étions 10, nous avions dit cela quand nous étions 12 et 15, nous le disons maintenant à 25 et nous le dirons à 27 et je vous promets que nous le dirons encore à 30, 35, 40 et 45 jusqu'à ce que nous serons tous morts », a martelé M. Cohn-Bendit. « Arrêtons de nous mentir à nous-mêmes comme ça. Evidemment, nous ne pouvons pas dire non aux Balkans. Il est évident que les Balkans ont un futur dans l'UE. Le problème est: comment, quand et dans quelles circonstances peuvent-ils adhérer ? ». Déjà aujourd'hui, en matière de justice et affaires intérieures, les 25 ne parviennent pas à décider à la majorité qualifiée (référence faite au blocage actuelle sur la « clause de passerelle »: Ndlr). « Pensez-vous que ce sera plus facile à faire à 27 ? ». Et comment faire passer la Constitution européenne dans une UE à 27 ? Personne ne le sait, personne ! ». Et M. Cohn-Bendit de conclure: « Oui à la Bulgarie et la Roumanie, oui aux Balkans, mais nous sommes incapables de faire de cette Europe une véritable Europe. Et c'est avec un élargissement comme nous le faisons actuellement que nous irons vers une renationalisation de la pensée, de la politique et des pratiques ». Pour Joost Lagendijk (Vert néerlandais), il est également clair que « sur base des faits », notamment en matière de corruption et de crime organisé, la Commission aurait normalement dû reporter l'adhésion des deux pays, mais que cela est devenu « politiquement impossible » en raison des attentes énormes créées en faveur d'une adhésion en 2007.

Le groupe GUE/NGL est contre l'idée de reporter l'adhésion des deux pays d'un an, a expliqué son président Francis Wurtz. Certes il y a de graves problèmes en Bulgarie et en Roumanie, et il ne faut pas les cacher, mais le fait d'« envoyer à la population un message de fermeture ne créerait pas les bonnes conditions » pour réaliser les progrès nécessaires, a-t-il jugé.

Pour le groupe de l'UEN, le coprésident Brian Crowley souscrit également aux conclusions des rapports de la Commission. Ce que les deux pays ont réalisé au cours des douze dernières années pour adopter et mettre en œuvre l'acquis communautaire est « phénoménal », et les citoyens roumains et bulgares méritent d'avoir les « mêmes chances que nous », a-t-il estimé. Cependant, il faudra rester vigilants en permanence pour garantir que les réformes seront durables, faute de quoi les mesures de sauvegarde devront être utilisées, note M. Crowley.

Les milieux économiques saluent l'adhésion des deux pays en janvier 2007

Les milieux socio-économiques ont également réagi avec satisfaction aux rapports de la Commission. L'Unice, qui représente le patronat européen, reconnaît les « progrès énormes » accomplis par les deux pays, mais insiste aussi sur la nécessité de poursuivre les réformes et d'assurer une bonne mise en œuvre de la législation communautaire dans les futurs nouveaux membres. Trois « défis prioritaires » subsistent pour la Bulgarie et la Roumanie, selon l'Unice: - le renforcement de l'Etat de droit ; - la modernisation des procédures douanières et de contrôle aux frontières ; - la bonne application de toutes les normes européennes relatives aux produits. Au cas où des mesures de sauvegarde devaient être nécessaires, elles ne devraient être appliquées qu'au cas par cas et pour une courte période, estime l'Unice.

Eurochambres, l'association des chambres de commerce et d'industrie en Europe, soutient « entièrement » les conclusions de la Commission. « Nous avons toujours soutenu l'intégration économique des pays candidats dans l'UE. De l'autre côté, nous saluons la décision de la Commission de ne pas cacher les obstacles qui subsistent sur le chemin de l'intégration », affirme un communiqué d'Eurochambres, qui offre ses services en tant qu'interlocuteur entre les entreprises et les institutions pour aider à résoudre les problèmes en suspens.

L'Union des petites et moyennes entreprises (SME Union) appuie également les recommandations de la Commission et souligne que cet élargissement sera bénéfique pour tous. « Un sujet clé pour une bonne intégration des deux pays sera la lutte contre le crime organisé et le blanchiment d'argent, car ces fléaux empêchent souvent l'entrée sur le marché de nouveaux concurrents », souligne SME Union dans un communiqué. En vue du remaniement des portefeuilles actuels des Commissaires européens, qui sera nécessaire dans le contexte de la prochaine arrivée de deux nouveaux Commissaires au 1er janvier 2007, SME Union demande la désignation d'un Commissaire qui sera spécifiquement responsable pour la politique en faveur des petites et moyennes entreprises.

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