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Bulletin Quotidien Europe N° 9271
JOURNEE POLITIQUE / (eu) pe/mediterranee/moyen-orient/islam

Rôle de l'Europe dans l'évolution de la région - Pessimismes croisés israélien et libanais

Bruxelles, 22/09/2006 (Agence Europe) - Le groupe socialiste au Parlement européen a organisé le 20 et le 21 septembre à Bruxelles une audition sur le rôle de l'UE au Moyen-Orient et dans le monde arabe, en présence de personnalités arabes et palestiniennes. Martin Schulz, président du groupe, a réaffirmé la nécessité d'un dialogue où toutes les parties prenantes seraient "traitées avec des droits égaux", et a exposé la démarche des socialistes européens ; - veiller à intégrer la Syrie dans ce processus, à condition qu'elle accepte la Résolution 1701 sur le Liban ; - être attentifs à l'évolution en Palestine et dialoguer avec une Autorité palestinienne devenue représentative dès qu'elle se sera engagée à respecter les accords internationaux. Pasqualina Napoletano a plaidé pour sa part pour une conférence internationale traitant de tous les conflits dans la région. "Tout le monde demande aux Palestiniens de changer mais personne ne demande à Israël de se conformer tout simplement aux résolutions internationales", a affirmé Abdallah Abdallah, président de la commission politique du Conseil législatif palestinien, ajoutant, à propos d'Israël: "Nous sommes convaincus qu'il nous faut vivre avec nos voisins, mais pas qu'ils soient à notre place".

Joseph Bahout, conseiller du Forum de prospective (Liban), s'est livré pour sa part à un diagnostic sans concessions de la situation après le conflit de cet été, estimant qu'un des premiers enseignements à en tirer aura été de montrer "le lien organique entre tous les conflits de la région". Alors qu'il estime "inutile et complexe" de chercher à savoir "qui a gagné, qui a perdu", M. Bahout s'attend à un "second round" comme si la guerre du Liban n'avait été qu'un "brouillon, une répétition" avant une confrontation générale. Il conforte cette prédiction pessimiste par un certain nombre d'évolutions: « La 1701 fait partie d'une nouvelle série de résolutions, comme celles sur l'Irak, qui sont à tiroirs » et relient plusieurs conflits, une complexité aggravée par le fait que chacune des parties a "sa" lecture de cette résolution. Autre motif de pessimisme selon lui: l'évolution sur la scène libanaise, où un "clivage très fort s'est installé" en même temps que sont posées "deux hypothèques: la question syrienne et celle du nucléaire iranien". Rivalisant en pessimisme, l'invitée israélienne Einat Wilf, cadre du Parti travailliste et ancienne conseillère de Shimon Peres, s'est livrée à un diagnostic sévère sur la société de son propre pays où ne régnerait plus que "confusion" et doute. "Plus le temps passe, moins on comprend ce qui s'est passé. La guerre du Liban a laissé un grand brouillard", s'est-elle exclamée, en se demandant: « Qui a gagné ? Contre qui ? Contre le Hezbollah ? Contre le Liban, contre des terroristes, contre des civils, ou contre l'Iran ? Cette guerre a-t-elle eu un début et une fin ? Et pourquoi cette guerre ? A-t-elle ouvert une fenêtre d'opportunité ou en a-t-elle fermé une ?". Selon elle, le pays vit une crise existentielle, mais cela n'implique pas la perte de foi dans l'existence d'un Etat juif. Les Israéliens cherchent à régler leur crise existentielle en agressant leurs voisins, a répliqué le Palestinien Abdallah. L'étalage de ces deux pessimismes croisés a suscité un large débat au cours duquel plusieurs députés européens ont unanimement souligné l'urgence d'une reprise du dialogue. Un "Madrid II" est nécessaire, estime Carlos Carneiro, alors qu'Ana Gomes et Beatrice Patrie s'interrogent notamment sur le poids des religieux dans le système politique israélien et sur le risque d'une "confessionnalisation" des conflits dans la région.

Jeudi matin, les interventions de trois personnalités - Azza Karam, conseiller du PNUD, Jan Schonenboom, conseiller du gouvernement néerlandais et Joseph Maila, directeur du Centre de recherche sur la paix (Paris) - ont été centrées sur la nécessité de clarifier la compréhension du phénomène islamiste, qu'ils appellent tous à distinguer de l'islam, la conclusion générale étant la nécessité d'un dialogue avec les courants se réclamant de l'islam. Les parlementaires européennes Ana Gomez, Beatrice Patrie et Véronique de Keyser, notamment, ont appelé à distinguer entre les diverses perceptions de l'islam dans les pays qui s'en réclament, entre islam arabe et islam non arabe notamment. Les expériences turque et tunisienne (de l'époque Bourguiba) ont été citées.

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