Lyon, 22/09/2006 (Agence Europe) - À l'occasion de l'Université d'été du Réseau européen des idées (EIN), think tank du groupe PPE/DE du Parlement européen, José Manuel Barroso a exposé le 21 septembre à Lyon sa vision optimiste de l'Europe à l'horizon 2020. Le Président de la Commission européenne a insisté sur les raisons pour lesquelles il faut avoir confiance en l'Europe et a plaidé une fois de plus pour l'Europe des résultats, seule capable, a-t-il répété, de redonner aux citoyens le goût au projet européen. « Nous ne serons pas capables de motiver la jeunesse autour d'un échec, nous serons capables de motiver la jeunesse autour d'un message d'espoir », a déclaré M. Barroso. Estimant qu'il existe « des raisons d'avoir confiance » qui peuvent vaincre « la sinistrose », il a présenté sa vision de l'Europe en 2020: une Europe « compétitive », qui « crée des emplois », dispose des « meilleures universités », qui est « solidaire pour le bien-être de la société », « à la pointe technologique », qui « maîtrise la mondialisation » et « n'est pas repliée sur elle-même ». « L'Europe est le meilleur exemple d'intégration économique et politique, le premier empire non impérial, une association libre d'États membres sans centre imposant son diktat », a-t-il rappelé. Citant les prévisions de la croissance économique pour l'UE (+2,6% pour 2006) et le recul du chômage aux alentours de « 8% », il a assuré qu'il n'y avait « pas de raison de sombrer dans la dépression ». M. Barroso a évoqué « deux problèmes de fond » auxquels l'Europe est confrontée: un défi « structurel » (mondialisation) et un défi « constitutionnel » (« non » au Traité constitutionnel en France et aux Pays-Bas). Comment répondre à ces défis ?, s'est-il interrogé. Selon lui, « nous pouvons faire plus en tirant profit du marché intérieur », qui n'est pas encore réalisé pour « les services » et « les travailleurs ». M. Barroso a rappelé la réflexion en cours au sein de la Commission sur la révision du marché unique, en citant des secteurs tels que « les services financiers, les assurances, la poste, les droits d'auteur », et a mis l'accent sur le concept d'une « meilleure régulation » au service des petites et moyennes entreprises. Au sujet de « l'énergie », il a considéré qu'il n'était « pas rationnel d'avoir vingt-cinq marchés de l'énergie et vingt-cinq voix qui parlent avec les principaux fournisseurs ». De même, selon lui, « dans un système où il existe la libre circulation des personnes, il est absurde d'avoir vingt-cinq politiques de l'immigration ». Et il a alors rappelé la proposition de la Commission de ne « pas en rester au système d'unanimité chaque fois qu'il s'agit de prendre des mesures en matière de lutte contre la criminalité organisée, le terrorisme et l'immigration illégale ».
« Nous ne sommes pas trop grands », a par ailleurs affirmé M. Barroso à propos de l'élargissement. Avec l'entrée de la Bulgarie et de la Roumanie, l'UE complétera le dernier grand élargissement survenu en 2004, a-t-il ajouté à quelques jours de la présentation des rapports de la Commission attendus le 26 septembre. L'entrée de la Bulgarie et de la Roumanie dans l'UE « impose une révision de la composition de la Commission », a-t-il rappelé, tout comme il « est évident qu'avant tout nouvel élargissement, il faudra faire une réforme institutionnelle ». Pourquoi avons-nous besoin d'un Traité constitutionnel ?, a-t-il demandé. Selon lui, pour trois raisons essentielles: « L'efficacité de la prise de décision », « la raison démocratique », « la cohérence extérieure » (avec la création d'un poste de ministre des Affaires étrangères qui soit à la fois vice-président de la Commission). C'est « une grave erreur » de penser que les gens vont voter en faveur de quelque chose qui ne fonctionne pas, a lancé M. Barroso, pour qui la seule façon de rallier les citoyens au projet européen est de « montrer que l'Europe répond à leurs attentes ». C'est pour cela que nous avons proposé une double approche pour résoudre l'impasse institutionnelle « les réalisations concrètes et la solution à moyen terme du problème constitutionnel », a-t-il conclu.