Tampere, 22/09/2006 (Agence Europe) - Compte tenu du retard pris par la mise en place du Système d'information Schengen deuxième génération (SIS II), prévu initialement en avril 2007, un système transitoire pourrait être envisagé, a indiqué le 21 septembre la Présidence finlandaise à l'issue d'une réunion des ministres européens de l'Intérieur à Tampere (Finlande). « Nous courons le risque d'un retard important» dans la mise en place du SIS II, a déclaré jeudi soir le ministre finlandais de l'Intérieur Kari Rajamäki lors d'une conférence de presse. « Nous verrons s'il y a la possibilité d'envisager un SIS I plus en attendant le SIS II », a-t-il ajouté. L'UE réfléchit donc à une alternative technique pour permettre l'élargissement de l'espace Schengen aux nouveaux Etats membres dans les délais initialement prévus (octobre 2007). La nouvelle proposition introduite jeudi par le Portugal et soutenue par certains experts permettrait d'élargir de manière transitoire le SIS actuel aux nouveaux Etats membres. Le projet assurerait le même niveau de sécurité qu'aujourd'hui et permettrait de lever ensuite les contrôles aux frontières intérieures. « Cette proposition vise surtout à contenter les nouveaux Etats membres qui supporteraient mal une levée tardive des contrôles aux frontières », a déclaré une source diplomatique. Les présidents des quatre pays du groupe Visegrad (Pologne, Hongrie, Slovaquie et République tchèque) avaient en effet vivement dénoncé le 16 septembre le report de leur adhésion à l'espace Schengen. « Les quatre présidents estiment que l'adhésion de leur pays à l'espace Schengen est une priorité absolue et considéreraient son report comme une discrimination », avait déclaré le Président tchèque Vaclav Klaus. L'élargissement de l'espace de libre circulation pourrait accuser au moins un an de retard du fait de problèmes techniques dans la création du SIS II qui doit relier les autorités (police, gendarmerie, douanes, etc.) de tous les Etats participants. Les ministres de l'Intérieur de l'UE devraient décider lors de leur prochaine réunion les 4 et 5 octobre à Luxembourg s'ils choisissent ou non la solution portugaise. De toute façon, la décision finale de levée des contrôles aux frontières intérieures ne sera prise qu'après des évaluations de la sûreté des frontières extérieures des nouveaux membres. Selon un rapport de la Commission sur le calendrier technique du SIS II remis fin août au Conseil, il existe plusieurs causes techniques de retard de la préparation du SIS II. Parmi ces causes figurent par exemple le retard de mise en concurrence de l'acquisition des systèmes d'information ainsi que le retard des préparatifs relatifs à la localisation du système central (Strasbourg) et de la préparation des actes législatifs adoptés en codécision avec le Parlement européen. « Des litiges ont aussi eu lieu entre certains Etats et les sociétés contractantes, ainsi qu'entre la Commission et son principal contractant », explique une source européenne. M. Rajamäki a assuré jeudi qu'il ferait tout ce qui est en son pouvoir « pour que le retard reste aussi limité que possible » et a estimé qu'un accord sur les instruments juridiques pourrait être atteint pendant le mois d'octobre. Le SIS II doit normalement succéder au SIS actuel (qui relie les Quinze sauf le Royaume-Uni et l'Irlande, mais avec la Norvège et l'Islande), qui n'a pas la capacité technique d'absorber les dix nouveaux venus dans l'UE en 2004, ainsi que la Suisse.