Bruxelles, 22/09/2006 (Agence Europe) - Lors du Forum international de la Fondation Bertelsmann du 22 septembre à Berlin, auquel ont participé plusieurs chefs de gouvernement, la chancelière allemande Angela Merkel a plaidé pour un approfondissement de l'intégration européenne et estimé que « jusqu'à nouvel ordre » l'Union ne devrait plus faire de nouvelles promesses d'adhésion au-delà des pays des Balkans auxquels elle a déjà promis une perspective européenne.
Le Premier ministre français Dominique de Villepin a proposé la tenue, au début de l'année prochaine, d'un sommet entre l'UE et ses principaux pays fournisseurs de pétrole et de gaz, et a proposé la création d'un poste de « Représentant spécial » de l'UE pour l'énergie qui travaillerait en étroite liaison avec Javier Solana et avec le Commissaire Andris Piebalgs et qui pourrait notamment organiser ce sommet. Parmi les voisins producteurs qui devraient être invités, M. de Villepin a cité l'Algérie, la Norvège et la Russie, mais aussi les pays de la mer Caspienne, comme le Kazakhstan et l'Azerbaïdjan. « Avec ces pays proches, nous avons déjà des accords de partenariat, couvrant de nombreux aspects de nos relations. Au moment où l'énergie occupe une place croissante de nos échanges, il est temps de conclure des accords portant spécifiquement sur cette question. Nous avons besoin d'une véritable diplomatie énergétique européenne », a plaidé M. de Villepin.
Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a réitéré la ligne politique - désormais bien connue - de sa Commission qui est celle de viser une « Europe des résultats » par le biais de projets concrets qui ont un impact direct sur la vie quotidienne des citoyens: achèvement du marché intérieur, simplification législative et réduction des charges administratives, mise en place d'une politique énergétique commune (« la coexistence de 25 mini-marchés énergétiques n'a aucun sens dans un monde globalisé »), actions communes en matière d'immigration. Sur ce dernier point, M. Barroso a notamment dit: « Vingt-cinq politiques individuelles en matière d'immigration n'ont aucun sens dans un espace commun de libre circulation des personnes. C'est une des raisons pour lesquelles nous devons activer la clause de passerelle (pour passer de l'unanimité à la majorité qualifiée) dans le domaine JAI » (voir autres nouvelles). Seule cette « Europe des résultats » permettra d'ouvrir la voie vers une solution au problème institutionnel de l'UE, a réaffirmé le président de la Commission. « Je m'attends à ce que le processus sera poursuivi sous présidence allemande », au premier semestre 2007, a-t-il dit. La première étape sera l'adoption en mars 2007 (50ème anniversaire du Traité de Rome) d'une « Déclaration de Berlin » qui devra être « forte et ambitieuse » et dans laquelle le Conseil, la Commission et le Parlement européen réitèreront leur engagement en faveur de l'intégration européenne. M.Barroso a aussi affirmé que le renforcement institutionnel de l'UE était une condition préalable pour tout nouvel élargissement après l'adhésion de la Bulgarie et de la Roumanie. « Il doit être clair qu'après la Bulgarie et la Roumanie, tout autre élargissement dépendra du règlement de la question institutionnelle. Nous avons besoin d'un système de prise de décision plus efficace, d'institutions plus transparentes et de relations extérieures plus cohérentes », a insisté M. Barroso. Et de répondre aux critiques à propos du rôle jugé trop passif de la Commission dans le débat constitutionnel: « La Commission reste fidèle aux principes, aux valeurs et à la substance de la Constitution. La Commission jouera son rôle pour aboutir à la solution institutionnelle dont nous avons besoin ».