Bruxelles, 14/09/2006 (Agence Europe) - Ségolène Royal, présidente du Conseil général du Poitou-Charente (en tête dans les sondages sur le futur candidat socialiste à la Présidence de la République), « répondant à une invitation personnelle du Président de la Commission européenne », a eu le 13 septembre à Bruxelles « des échanges de vues approfondis sur l'avenir de l'Europe », indique un communiqué du député européen Gilles Savary, « porte-parole » de Mme Royal. Selon le communiqué, Mme Royal a annoncé une prise de position détaillée sur l'Europe « à une date proche, considérant que le sujet ne peut pas être éludé lors de la prochaine campagne présidentielle, alors même que la France présidera l'Union au second semestre 2008, au moment de la révision des perspectives financières 2007-2013 » (selon la presse, Mme Royal, qui a fait annuler une conférence de presse prévue avec le Président Barroso, pourrait exposer ses idées sur l'Europe mardi prochain: NDLR). Ségolène Royal, qui était accompagnée notamment des députés européens Michel Rocard et Gilles Savary, et qui a aussi rencontré le Président Borrell, a, précise le communiqué, exprimé à José Manuel Barroso « une vision exigeante de l'Europe ». « L'Europe est désormais passée de l'âge diplomatique à l'âge démocratique », a-t-elle dit, et, constatant « l'épuisement par succès » du projet européen, elle s'est prononcée pour une consultation approfondie des peuples pour définir ce qu'on veut faire ensemble, « à 25 et bientôt à 30 ». La responsable socialiste a insisté sur une « Europe de la preuve, qui ne se limite pas à tricoter indéfiniment du marché intérieur », et qui doit avoir des objectifs ambitieux: politique commune d'immigration et d'asile, indépendance énergétique et développement des énergies renouvelables, « soustraction des investissements de recherche des critères du Pacte de stabilité », convergence sociale et fiscale, sécurité sanitaire. C'est en disant ce qu'on veut faire ensemble dans tous ces domaines qu'on pourra « décider en toute connaissance de cause, dans un nouveau Traité, ce que les Etats membres acceptent de confier à l'Union et ce qu'ils veulent conserver sous leur autorité », estime Ségolène Royal.
Au Parlement européen, l'élu de l'UMP Alain Lamassoure commente: Mme Royal a montré à Bruxelles qu'elle « n'a ni vision, ni idée concrète sur l'Europe », et ce «silence assourdissant (…) ne saurait chasser le doute manifesté par les Français le 29 mai 2005 » sur la Constitution européenne. Mme Royal a apporté la preuve que les propositions pour l'Europe faites par Nicolas Sarkozy sont des « références incontournables », renchérit M. Lamassoure (voir EUROPE N.9261). En outre, il critique Mme Royal pour les propos tenus à Bruxelles sur la Turquie. Elle a parlé de la Turquie: « Il ne faut pas dire non aux Turcs », a-t-elle déclaré, avant de préciser ensuite que « cela ne signifie pas qu'il faut leur dire oui ». « Les Turcs apprécieront. Les Français aussi », affirme M. Lamassoure.