Bruxelles, 14/09/2006 (Agence Europe) - Dans un rapport publié le 13 septembre, la Cour des comptes dévoile les failles des services de traduction dans les institutions de l'UE, en particulier les problèmes apparues pour traduire les documents dans les dix nouvelles langues des pays de l'élargissement de 2004.
L'enquête de la Cour montre que les trois principales institutions (Commission, Conseil et Parlement) n'ont pas de procédures claires et cohérentes pour fixer des priorités de traduction. Souvent, les documents sont traités au cas par cas en fonction des ressources disponibles. La Cour estime que les besoins en traduction dans les langues de l'UE-15 sont généralement satisfaits. Toutefois, l'adhésion de petits pays a suscité « une énorme augmentation de la demande de traduction sur des marchés de dimension réduite où l'offre est forcément assez limitée », écrit la Cour, qui attribue la pénurie de traducteurs issus des nouveaux Etats membres aux difficultés de recrutement. Au cours de la première année suivant l'élargissement de mai 2004, par conséquent, les institutions « n'ont pas été en mesure de satisfaire les besoins pour les langues de l'UE-10 », constate la Cour, qui suggère d'augmenter considérablement les capacités internes des institutions pour les langues de l'UE-10.
La Cour estime en revanche que les trois institutions sont parvenues à maîtriser les coûts de traduction malgré l'augmentation du nombre de langues officielles, qui est passé de 11 à 21 (y compris l'irlandais) depuis mai 2004. La Commission et le Conseil ont pris des « mesures énergiques » en vue de réduire le nombre de documents à traduire dans toutes les langues, alors que le PE s'est montré moins ambitieux en limitant uniquement la taille des documents à traduire, mais pas le nombre ni le type de documents, explique le rapport. La Cour estime le coût annuel total de la traduction pour les trois institutions à 415 millions d'euros avant le dernier élargissement (100 millions respectivement au PE et au Conseil, 215 millions à la Commission) et à 511 millions après (128 millions pour le PE, 126 millions pour le Conseil et 257 millions pour la Commission). En 2003, le coût moyen par page s'est élevé à 150 euros à la Commission et au Parlement, et à 254 euros au Conseil. En 2005, ce coût est passé à 194 euros à la Commission et à 276 euros au Conseil, tandis qu'il est tombé à 119 euros au Parlement. En 2005, le Parlement et les directions générales de la Commission (autres que la DGT) ont externalisé un grand nombre de pages qui auraient pu être traduites en interne par une autre institution: selon la Cour, un montant total de 11 millions d'euros payé à des traducteurs externes aurait pu être économisé.
La Cour reproche aux institutions de ne pas mesurer la satisfaction des clients sur la qualité des travaux et le respect des délais. En 2004, « la plupart des clients estimaient que la qualité des traductions était insuffisante », signale la Cour, qui recommande aussi une utilisation plus poussée des outils informatiques.