Bruxelles, 05/07/2006 (Agence Europe) - Dans une note rédigée à l'attention du Premier ministre finlandais Matti Vanhanen à la veille de sa rencontre, le 6 juillet, avec les présidents d'EK Christoffer Taxell et de l'UNICE Ernest-Antoine Seillière, le patronat européen fait le point sur ce qu'il attend de la Présidence finlandaise au cours des six prochains mois, sujet par sujet:
- avenir de l'UE: l'UNICE souligne qu'il appartient aux gouvernements de « nous sortir de la confusion de gouvernance dans laquelle nous sommes » et elle demande à la Présidence de veiller à ce que le calendrier soit respecté ;
- compétitivité: les premiers rapports sur la mise en œuvre des programmes nationaux de réforme pour la croissance et l'emploi seront présentés à l'automne. L'UNICE estime que sur la base de sa propre expérience, la Présidence finlandaise est dans une « excellente position pour encourager des réformes politiques courageuses ». Le patronat plaide pour la poursuite de l'achèvement du marché intérieur et des mesures de consolidation, y compris pour empêcher l'apparition de nouvelles formes de protectionnisme national. La politique en matière d'innovation doit s'inspirer des recommandations du groupe piloté par Esko Aho, estime l'UNICE qui plaide aussi pour une adoption rapide du 7ème programme communautaire de recherche et de développement dont le démarrage doit avoir lieu au début de 2007 ;
- énergie: les institutions européennes ont une forte tendance à développer une stratégie à long terme dans le domaine de l'énergie, constate le patronat européen qui plaide plutôt pour des objectifs à court et moyen termes: création d'un marché intérieur de l'énergie vraiment ouvert et protection de la compétitivité des industries fortement énergivores dans le cadre du système d'échanges en matière d'émission. La Présidence finlandaise devrait encourager la Commission à commencer à penser à un processus qui pourrait conduire à moyen ou long terme à un cadre européen harmonisé de soutien aux énergies renouvelables. L'UNICE estime aussi que « le débat sur la compétitivité future de l'Europe dans le secteur de l'énergie et la préservation du climat ne peut pas continuer plus longtemps sans accorder une plus sérieuse considération à un recours plus grand à l'énergie nucléaire ». Le développement d'une politique extérieure de l'énergie est aussi une priorité très importante pour le court et le moyen terme. L'UNICE demande le remplacement de l'accord de coopération et de partenariat UE-Russie par un accord général de libre-échange avec la Russie couvrant une large série de questions, y compris le commerce et l'investissement transfrontaliers dans le secteur de l'énergie. Enfin, le patronat souligne l'importance du grand nord et de la mer de Barents comme sources potentielles d'énergie (on estime généralement que 25% des ressources inexplorées de pétrole et de gaz se situent dans la région arctique) ;
- emploi: en s'appuyant sur le rapport de Wim Kok, l'UNICE réaffirme que plus de réglementation européenne dans le secteur social est la « mauvaise approche » pour réduire le chômage. D'où le souhait que la révision de la directive sur le temps de travail n'aboutisse pas à de nouvelles contraintes pour les entreprises ;
- relations extérieures de l'UE: l'UNICE demande à l'UE de faire des efforts pour parvenir à la fin 2006 à un accord dans le cadre des négociations sur l'Agenda de Doha. Des progrès supplémentaires dans les négociations agricoles sont demandés à tous les principaux acteurs ;
- environnement: le système d'échange d'émissions de l'UE doit être révisé afin que sa mise en œuvre soit plus harmonieuse dans les Etats membres, pour éviter des conséquences négatives sur la compétitivité. L'UNICE invite à la prudence lors de la fixation de normes de qualité de l'air et demande des clarifications supplémentaires en ce qui concerne la directive cadre sur les déchets. Là encore l'UNICE, qui plaide pour le développement d'une économie du recyclage, veut éviter les charges supplémentaires pour les entreprises. Le patronat conserve encore des inquiétudes en ce qui concerne REACH, la législation sur les produits chimiques;
- élargissement: le patronat européen réaffirme que « l'élargissement est une chance, pas une menace », et « offre des possibilités considérables à tous les citoyens européens ainsi qu'une saine pression pour des réformes structurelles ». L'UNICE apporte son soutien à l'évaluation faite par la Commission en ce qui concerne la Bulgarie et la Roumanie et invite ces deux pays à faire des progrès dans trois domaines clés: - consolidation de l'Etat de droit ; modernisation des procédures douanières ; pleine application des normes européennes sur la sécurité des produits.