Bruxelles, 05/07/2006 (Agence Europe) - La Commission européenne a adopté le 5 juillet une communication sur la mise en œuvre du principe de durabilité dans les pêcheries de l'UE, pour inverser la tendance au déclin des stocks. Ce document, qui ne propose aucune nouvelle mesure de gestion, permet de traduire dans la Politique commune de la pêche (PCP) l'engagement du Sommet de Johannesburg, en septembre 2002, de maintenir ou rétablir les stocks à un niveau permettant d'obtenir un « rendement maximal durable », un objectif à atteindre au plus tard en 2015. Selon la Commission, la mise en œuvre du principe de rendement maximal durable dans la PCP permettrait d'inverser la tendance au déclin des stocks (81% des stocks analysés dans l'Atlantique, en mer du Nord et en mer Baltique sont surexploités, selon les scientifiques), d'augmenter les bénéfices de l'industrie de la pêche, de rééquilibrer la balance commerciale (sachant que près de 60 % du poisson consommé dans la Communauté est importé, ce pourcentage étant encore plus élevé pour les poissons blancs) et de réduire la mortalité par pêche (et éviter les rejets en mer). Selon la Commission, il faudra, dans un premier temps, réduire les captures et dans un second temps, l'amélioration de l'état sanitaire des stocks devrait permettre une augmentation durable des captures.
La Commission ne propose aucun remède miracle et encore moins une révolution de la PCP. Les plans à long terme de gestion des stocks qui existent déjà pour certaines espèces (cabillaud, sole, merlu, langoustine…) sont l'instrument principal de la mise en œuvre de cette nouvelle approche. La Commission suggère donc de poursuivre sa stratégie, en suivant les principes directeurs suivants: les plans de gestion à long terme contiendront des mesures de réduction des taux de capture et de gestion de l'effort de pêche et, si nécessaire, des mesures techniques (comme la fermeture de certaines zones à la pêche ou des mesures sur la structure des engins de pêche) ; - les plans à long terme seront révisés à peu près tous les cinq ans.
Pendant la négociation des plans de gestion et de reconstitution pluriannuels, il faudra, selon la Commission, veiller à ce que les décisions annuelles sur les quotas de pêche tiennent compte des engagements de Johannesburg. La Commission s'engage donc à faire adopter cette année des décisions de gestion « assurant la non augmentation du taux de pêche des stocks déjà surexploités ». Et elle note que ces objectifs d'une pêche durable doivent se traduire aussi par une restructuration du secteur et que le nouveau Fonds européen pour la Pêche « contribuera à atténuer les répercussions sociales et économiques » des restrictions et des mesures imposées aux professionnels.