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Bulletin Quotidien Europe N° 9219
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/concurrence

Arcelor et Mittal parviennent finalement à s'entendre

Bruxelles, 26/06/2006 (Agence Europe) - L'obstination de Mittal a fini par payer. A l'issue de la réunion du Conseil d'administration d'Arcelor, un accord entre les deux géants de l'acier a été trouvé dimanche soir, écartant du même coup le russe Severstal de la course au rachat de l'entreprise européenne, qui l'avait elle-même appelé à la rescousse pour contrer l'offre initiale de Mittal. Cette dernière a finalement réévalué son offre, qui devrait ainsi s'établir à 26,9 milliards d'euros, contre 18,6 milliards lors de l'annonce du projet en janvier. Selon cet accord, le dirigeant indien Lakshmi Mittal ne devrait pas être directement aux commandes de la nouvelle entité Arcelor-Mittal, du moins dans un premier temps. Celui qui détiendra 43,3% des actions se contentera d'abord d'un rôle de dirigeant non exécutif parmi les 18 membres du nouveau conseil d'administration, dont six représentants seront issus d'Arcelor, six de Mittal, trois d'autres actionnaires et trois des représentants des salariés. Sur base des éléments de cet accord, le conseil d'administration d'Arcelor a donc décidé de recommander à ses actionnaires d'accepter l'offre de Mittal.

Pour la Commission européenne, qui avait évalué début juin le projet notifié par Mittal, ce rapprochement ne pose pas de difficultés du point de vue de la concurrence (EUROPE n° 9204). Après examen, elle avait considéré que les remèdes proposés par Mittal sur le marché des produits sidérurgiques profilés lourds étaient suffisants à dissiper ses craintes. La firme avait proposé de réduire de 10 % ses capacités totales de production des profilés lourds dans l'Espace économique européen (EEE), en démantelant deux laminoirs d'Arcelor qui produisent des profilés lourds et moyens en Allemagne (Unterwellenborn) et en Italie (Pallenzano), ainsi qu'un de ses propres laminoirs de profilés et de barres en Pologne. Lundi, le porte-parole de la Commissaire chargée de la concurrence a déclaré qu'« à moins qu'il n'y ait des changements dans la substance de l'accord, nous n'avons pas d'autres commentaires à faire » sur cette affaire, à propos de laquelle nous avons déjà donné notre aval.

Après avoir engendré méfiance et critiques, le projet semble désormais aussi recevoir la bénédiction des hommes politiques. « Je suis satisfait d'abord parce que le siège social et le centre de décision du plus grand opérateur mondial de l'acier sera à Luxembourg et ensuite parce que les intérêts du site industriel luxembourgeois sont préservés », a déclaré lundi à l'AFP le ministre luxembourgeois de l'Economie Jeannot Krecké. « Arcelor-Mittal demain aura besoin du support politique du gouvernement pour servir ses grandes options stratégiques », a ajouté M. Krecké, qui précise que « les relations privilégiées vont continuer car la firme a besoin du gouvernement pour la soutenir et la représenter ». La réaction est tout autre à Moscou, où l'accord entre Mittal et Arcelor signifie l'éviction du groupe russe Severstal. « Je suis complètement mécontent de cette décision et j'y vois un mauvais signe », a pour sa part indiqué le ministre russe de l'Industrie et de l'Énergie, Viktor Khristenko, à l'agence Interfax, précisant qu'il y avait « deux poids, deux mesures ».

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