Bruxelles, 26/06/2006 (Agence Europe) - A l'approche de l'expiration de l'accord temporaire russo-ukrainien qui a mis fin en janvier dernier à un conflit gazier de plusieurs mois entre Kiev et Moscou et dont l'Union européenne a été une des principales victimes (N° 9101 et 9102), l'Europe appréhende la réouverture du dossier. En promettant de revoir l'accord gazier russo-ukrainien qu'elle juge « trop opaque » pour « réviser profondément » les tarifs auxquels le gaz russe est vendu à son pays, la Première ministre ukrainienne Ioulia Timochenko, qui procède actuellement à former son gouvernement, suscite l'inquiétude dans l'Union. Certains Etats membres s'étaient en effet retrouvés privés de gaz russe qui transite en Ukraine, suite aux ruptures de livraisons auxquelles avait procédé Moscou devant le refus de Kiev de régler ses factures à la Russie qui avait, pour sa part, tenté de quadrupler son prix de vente à l'Ukraine. Les récents propos de Mme Timochenko, qui avait qualifié en janvier dernier de « trahison des intérêts nationaux » l'accord conclu avec Moscou par le précédent gouvernement ukrainien, ont probablement irrité Gazprom. Le géant gazier russe a annoncé la semaine dernière une nouvelle hausse du prix du gaz à l'Ukraine, qui pourrait passer de 95 à 230 dollars pour 1 000 mètres cubes. En fin de semaine, Gazprom a accusé l'Ukraine d'être le « maillon faible » de l'approvisionnement énergétique européen et de chercher à lancer une « grande guerre du gaz qui touchera toute l'Europe ». Selon Les Echos du 26 juin, le commissaire à l'Energie, Andris Piebalgs, suit « avec beaucoup d'attention » les échanges gaziers entre la Russie et l'Ukraine et « espère que les deux parties vont, à travers la négociation, arriver à une situation satisfaisante qui ne mette pas en danger l'approvisionnement gazier de l'Europe ».