Krems, 30/05/2006 (Agence Europe) - La Commissaire à l'Agriculture, Mariann Fischer Boel, a tenté à la fois de calmer les Etats membres qui craignent une remise en cause de la PAC et de montrer que l'UE parle d'une seule voix dans les négociations commerciales internationales de l'OMC, lors d'une conférence de presse donnée le 29 mai à Krems, en Autriche, en marge de la réunion informelle des ministres européens de l'Agriculture (EUROPE d'hier). Elle a assuré que l'UE ne ferait « aucune nouvelle offre unilatérale » sur le volet agricole des négociations du cycle de Doha, mais admis que l'offre du 28 octobre 2005 pourrait être ajustée en dernière ligne droite, vers la fin du mois du juin ou le début du mois de juillet, mais seulement pour favoriser un compromis équilibré sur l'ensemble des sujets (agriculture, biens industriels et services) et à condition que les autres membres de l'OMC fassent enfin des concessions. « Nous disposons toujours d'une certaine marge de manœuvre (pour ajuster l'offre agricole) à l'intérieur de notre mandat de négociation », à savoir l'accord cadre de l'OMC conclu fin juillet 2004 et la réforme de la Politique agricole commune (PAC), a déclaré Mme Fischer Boel, en soulignant que l'accord sur le cycle de Doha devra être équilibré pour l'agriculture et entre l'agriculture et les autres volets de la négociation (services et biens industriels). La Commission précise que l'UE souhaite que le Brésil ouvre davantage son marché aux biens industriels et que les Etats-Unis fassent enfin des concessions dans le domaine agricole.
Mme Fischer Boel a souligné que l'UE était de toute façon perdante en tenant compte uniquement de l'aspect agricole des négociations à l'OMC, car elle devra réduire les droits de douane et ouvrir son marché à des produits très compétitifs, notamment brésiliens. La Commissaire est persuadée toutefois qu'un accord global et équilibré profiterait aussi aux agriculteurs européens qui pourront décrocher de nouveaux marchés à l'exportation, car les autres membres de l'OMC devront eux aussi réduire leurs droits de douane. Selon elle, de nombreux pays tiers qui se développent rapidement sont demandeurs de « nos produits de qualité ».