Bruxelles, 24/05/2006 (Agence Europe) - A la veille du Sommet UE/Russie qui a lieu le 25 mai à Sotchi, sur la Mer Noire et qui sera très certainement dominé par l'énergie, le chancelier autrichien et actuel président du Conseil européen, Wolfgang Schüssel, a mis en garde contre une confrontation politique avec Moscou sur la question de l'avenir des livraisons énergétiques à l'Europe. « La Russie restera un important fournisseur d'énergie pour l'Europe. Nous devrions bien coopérer avec la Russie », souligne M. Schüssel dans le FT Deutschland du 24 mai. Le chancelier autrichien se distancie ainsi de ceux qui, comme le vice-président américain Dick Cheney, critiquent ouvertement la Russie parce qu'elle utilise sa position énergétique forte à des fins de « chantage politique ». Cependant, il ne serait pas sage pour la Russie de vouloir instrumentaliser ses livraisons énergétiques, estime M. Schüssel: « C'est une arme qui peut se diriger rapidement contre celui qui pensait pouvoir l'utiliser ». Moscou devrait aussi ratifier la Charte de l'énergie, répète M. Schüssel.
Le Haut représentant de l'UE pour la PESC, Javier Solana, a lui aussi souligné le souhait de l'UE de coopérer « plus étroitement avec la Russie dans le domaine de l'énergie pour pouvoir sécuriser les approvisionnements et stabiliser davantage notre coopération économique ». « Nous pensons que ces objectifs passent par la transparence, l'ouverture, la concurrence et l'accessibilité égale aux investissements, aux marchés et à l'infrastructure, ainsi que par la coopération environnementale. Le secteur énergétique doit devenir un facteur de stabilité et d'intégration sur le continent européen », a indiqué M. Solana dans une interview avec l'agence RIA Novosti. M. Solana estime aussi que le Sommet de jeudi représentera « une bonne opportunité pour développer le partenariat avec la Russie ».
Un des thèmes centraux sera l'avenir des relations contractuelles UE/Russie, après l'expiration de l'Accord de Partenariat et de Coopération (APC) en 2007. Après dix d'existence, les deux côtés ont le droit de dénoncer cet accord, mais Bruxelles et Moscou ont d'ores et déjà convenu qu'il devra rester en vigueur jusqu'au moment ou l'accord successeur entera en vigueur. Les négociations sur le futur accord plus ambitieux (qui devrait aussi viser la conclusion d'un accord de libre-échange, après l'adhésion de la Russie à l'OMC) pourraient commencer dès le début 2007, ont expliqué mardi des sources de la Commission.