Bruxelles, 24/05/2006 (Agence Europe) - Réunis pour leur rencontre ministérielle annuelle les 23 et 24 mai à Paris, les 30 pays de l'OCDE ont souligné, dans leurs conclusions, « l'importance de l'ouverture des marchés et la nécessité impérieuse de conclure rapidement le cycle de Doha ». « Une heureuse conclusion du cycle stimulerait considérablement l'activité économique au niveau mondial, dans les pays en développement en particulier, et renforcerait la crédibilité du système multilatéral. Le temps est compté et les échéances ne peuvent plus être repoussées », affirment les conclusions, qui assurent: « Les ministres s'engagent en conséquence à rechercher dans les semaines à venir des solutions qui régleraient de façon équilibrée tous les dossiers des négociations (…) ». Pourtant, la réunion des principaux négociateurs à l'OMC, avec le directeur général Pascal Lamy, en marge de la ministérielle OCDE, n'a permis aucune percée, en dépit de la déclaration d'intention du Commissaire au Commerce, Peter Mandelson. Aussitôt félicité par le ministre australien du Commerce et chef de file du groupe de Cairns, Mark Vaile, M. Mandelson s'est dit disposé à améliorer l'offre de l'Union en matière agricole pour sortir les négociations de l'impasse « si les circonstances le permettent, c'est-à-dire si et seulement si les principaux partenaires mettent également quelque chose de valable sur la table ». Le négociateur européen devait officialiser sa proposition, à l'heure où nous mettions sous presse. Sa nouvelle offre pourrait comporter à la fois une réduction moyenne plus forte des droits de douane appliqués par l'Union aux produits agricoles importés (EUROPE n° 9197) ainsi qu'une baisse du nombre de produits sensibles protégés par des droits de douane élevés. Absents à Paris, le chef de la diplomatie brésilienne Celso Amorim et le ministre indien du Commerce, Kamal Nath, chefs de file des pays émergents du G-20, n'ont pas réagi. En revanche, Washington a jugé « pas suffisante » la nouvelle offre européenne.
Pour calmer les craintes du monde agricole, l'autre négociateur européen, la Commissaire à l'Agriculture Mariann Fischer Boel a assuré mardi aux présidents du COPA, Rudolf Schwarzböck, et du COGECA, Donald Cashman, que la Commission n'irait pas au-delà des lignes rouges fixées par son mandat de négociation. Par la voix de la ministre au Commerce extérieur, Christine Lagarde, la France a pour sa part appelé M. Mandelson à « ne pas faire de nouvelle proposition à ce stade, à moins qu'il n'y ait de l'autre côté une contrepartie claire, significative et mesurable ».