Bruxelles, 22/03/2006 (Agence Europe) - Le Président Josep Borrell a ouvert mercredi la plénière du Parlement européen à Bruxelles par une communication sur l'annonce d'un cessez-le-feu « permanent » que venait de faire l'ETA en Espagne. « Ainsi se dessine un horizon sans violence terroriste, c'est le moment de faire preuve de prudence et de sérénité, et de se souvenir des victimes du terrorisme. C'est le moment de l'espoir et de l'unité de toutes les forces politiques démocratiques. C'est un moment important non seulement pour la société espagnole, mais pour toute l'Union européenne », a déclaré Josep Borrell.
Au cours du bref débat spontané qui a suivi cette annonce, le président du groupe socialiste Martin Schulz a donné la parole à sa collègue Barbara Dührkop Dührkop, dont le mari, basque, a été assassiné par l'ETA il y a déjà plusieurs années. Les autres députés ont tous salué le geste de l'ETA, mais avec quelques nuances. Ainsi, Hans-Gert Pöttering, président du groupe PPE-DE, a insisté: ce groupe terroriste ne doit pas obtenir des « contreparties politiques », et l'unioniste nord-irlandais James Nicholson, membre du même groupe, s'est déclaré « tout à fait d'accord avec Hans-Gert ». L'élu du Partito Popular espagnol Alejo Vidal Quadras est allé plus loin, en s'indignant: l'ETA offre une trêve « pendant une période déterminée par elle-même, pour atteindre ses objectifs politiques et sans un seul mot de regret ou aucune demande de pardon ». Le socialiste espagnol Enrique Baron, et Willy Meyer Pleite, membre espagnol du groupe GUE/NGL, ont demandé au contraire de saisir cette chance de réconciliation et de pacification. C'est ce qu'ont fait aussi le travailliste irlandais Proinsias de Rossa et le coprésident irlandais du groupe Union pour l'Europe des Nations, Brian Crowley, qui s'est exclamé: pensons aux possibles futures victimes que cette décision permettra d'éviter, pensons aux vies qui ont été sacrifiées parce que les gens ont refusé pendant des décennies de se parler d'égal à égal. Daniel Cohn-Bendit, coprésident du groupe des Verts/ALE, a renchéri: cette décision démontre deux choses, « que les démocraties ont raison de résister au terrorisme, mais aussi qu'il faut savoir négocier et parler, comme cela s'est fait en Irlande du Nord ». Le vert allemand a félicité « toutes les forces politiques espagnoles » qui ont permis un tel développement, et a lancé: « Je propose d'envoyer la lettre de l'ETA au Hamas, pour qu'il en prenne exemple ».