login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 9157
Sommaire Publication complète Par article 21 / 29
INFORMATIONS GENERALES / (eu) pe/commerce/omc

LES NÉGOCIATIONS DE DOHA SONT MAINTENANT DANS UNE NOUVELLE PHASE, ESTIME M. MANDELSON, QUI ASSURE VOULOIR PRÉSERVER LE MONDE AGRICOLE EUROPÉEN

Bruxelles, 22/03/2006 (Agence Europe) - Pour Peter Mandelson, le processus de négociation du Round de Doha a atteint « une nouvelle phase ». « Les membres de l'OMC comprennent maintenant qu'une nouvelle offre communautaire n'est pas prévisible. Et que le succès du Round ne dépend pas que des négociations sur le volet agricole », a affirmé le Commissaire au Commerce entendu mardi par la commission du Commerce international du Parlement européen présidée par le socialiste espagnol Enrique Baron. Si elle « n'a pas permis de grande percée », la réunion du G-6 (UE, Etats-Unis, Brésil, Inde, Australie et Japon) du 11 mars dernier à Londres « a été extrêmement utile car nous voulions rapprocher nos positions sur des points clés » et « nous avons atteint un certain degré de convergence sur la structure de la formule de réduction des subventions et des tarifs », a expliqué M. Mandelson. Selon lui, les Etats-Unis se montrent disposés à aller plus loin sur les soutiens internes mais maintiennent leurs exigences d'un accès amélioré aux marchés communautaire et des pays en développement (PED). Quant au Brésil et à l'Inde, ils acceptent le fait que le Round de Doha ne peut pas être « gratuit » pour eux, mais « leur rhétorique n'est toujours pas à la hauteur de la contribution qu'ils doivent fournir ». Les leaders du groupe des pays émergents - G-20 - sont en effet toujours réticents à accepter une formule de réduction des tarifs douaniers « appliqués » « suffisamment ambitieuse » et qui garantisse des réductions généralisées dans les pays émergents. En outre, avant tout mouvement de leur part, ils veulent toujours « savoir ce qu'ils obtiendront en retour de la part de l'Union et des Etats-Unis en matière agricole ». Enfin, Brésil et Inde sont réticents à procéder à des réductions de tarifs sur les biens industriels (NAMA), car ils craignent que la Chine en soit le « le plus grand bénéficiaire ». M. Mandelson a toutefois réaffirmé l'engagement de l'Union « à jouer un rôle constructif dans le round de Doha, y compris en agriculture, mais à condition que des progrès parallèles soient enregistrés dans tous les domaines de la négociation »: biens agricoles, NAMA, services et règles. Saluant la dernière étude Carnegie sur les « gagnants et perdants du round » qui montre que la grande partie des bénéfices de la libéralisation agricole iront au Brésil, à l'Argentine et à l'Afrique du Sud, le Commissaire au Commerce a appelé les partenaires clés de l'Union à « progresser simultanément sur tous les volets de la négociation (…) pour créer un consensus multilatéral ». « L'époque des petits pas, des petites concessions est révolue », a martelé M. Mandelson, soulignant que le directeur général de l'OMC, Pascal Lamy, avait « un rôle crucial à jouer » - il pourrait soumettre lui-même une proposition de compromis si les membres de l'OMC ne sont pas parvenus à arrêter leurs modalités au 30 avril prochain - mais, surtout, que « tout se débloquera par les actions d'un petit nombre d'acteurs ».

S'il a obtenu un large soutien des membres de la commission du Commerce, le principal négociateur européen à l'OMC a néanmoins tenu à de nouveau clarifier la position défendue dans le domaine agricole par la Commission, alors que la ministre française du Commerce Christine Lagarde était venue quelques heures plus tôt présenter la position française (EUROPE n° 9156). « Je n'ai certainement pas l'intention de faire une quelconque offre ou de prendre le moindre engagement (sur une nouvelle réforme de la PAC) dans cette négociation qui entraînerait l'abandon de nos agriculteurs et de nos communautés rurales », a assuré M. Mandelson, répondant à une question du Britannique non-inscrit James Hugh Allister. « Ce n'est pas dans l'intérêt de l'équilibre agricole européen et mondial, et je n'ai pas du tout l'intention de m'écarter des paramètres que je vous ai cités », a-t-il ajouté. Répondant à la verte britannique Caroline Lucas sur la réciprocité entre les réductions tarifaires des pays développés et des pays émergents, M. Mandelson a assuré que l'Union restait disposée à accepter des baisses de droits de douane « moins que réciproques » de la part des émergents et PED participant au mouvement de baisse généralisée des droits de douane dont sont exempts les PMA. Sur la question de l'accès sans droits ni quotas aux marchés des pays développés et émergents pour les PMA (paquet développement établi à 97% dans la déclaration ministérielle de Hong-Kong sous la pression des Etats-Unis et du Japon qui se sont montrés très réticents à ouvrir leurs marchés à tous les produits des PMA), M. Mandelson a promis à Mme Lucas et à l'Allemand Helmuth Markov (GUE/NGL) de faire tout son possible pour négocier un pourcentage plus important.

Sommaire

AU-DELÀ DE L'INFORMATION
JOURNEE POLITIQUE
INFORMATIONS GENERALES
SUPPLEMENT