Bruxelles, 22/03/2006 (Agence Europe) - La Commission européenne a approuvé le 22 mars une communication sur La mise en œuvre du partenariat pour la croissance et l'emploi: faire de l'Europe un pôle d'excellence en matière de responsabilité sociale des entreprises (RSE). Elle a également apporté, par la voix des Commissaires Günter Verheugen (Industrie) et Vladimir Spidla (Affaires sociales), son soutien au lancement, par des représentants des entreprises européennes et de leurs fédérations, de l'Alliance européenne pour la responsabilité sociale des entreprises. Cette Alliance est ouverte à toutes les entreprises européennes, grandes ou petites, qui partagent la même ambition, à savoir faire de l'Europe un pôle d'excellence en matière de RSE pour soutenir une économie de marché et d'entreprise compétitive et durable.
Par cette Alliance, la Commission vise à encourager la généralisation de la RSE parmi les entreprises européennes et à accroître le soutien à la RSE et sa reconnaissance en tant que contribution au développement durable et à la stratégie pour la croissance et l'emploi. Pour y parvenir, la Commission européenne estime qu'il faut une nouvelle approche politique impliquant de reconnaître les entreprises comme les acteurs principaux de la RSE, souligne le service du porte-parole de la Commission. Cette initiative s'inscrit dans la continuité d'une large consultation de l'ensemble des parties prenantes au sein du Forum plurilatéral européen sur la RSE (dont le rapport final a été présenté en 2004: voir EUROPE n° 8738). La Commission propose d'organiser périodiquement de nouvelles réunions du Forum en 2006 afin de permettre un suivi continu des progrès accomplis en matière de RSE avec toutes les parties prenantes.
« L'importance politique de cette Alliance, c'est qu'elle met fin à un débat controversé sur le fait de savoir si la RSE avait besoin d'un cadre juridique ou s'il pouvait s'agir d'une simple activité volontaire de la part des entreprises », a souligné devant la presse Günter Verheugen en déclarant: « la Commission a décidé: nous ne réglementons pas (…). Nous suivons la démarche du partenariat ». Il a précisé que la « RSE est une philosophie, un concept. Le mieux que l'on puisse obtenir, c'est l'engagement volontaire des milieux d'entreprise ». Le débat sur les résultats obtenus en matière de RSE se poursuivra avec les représentants du monde de l'économie et des syndicats, a ajouté M. Verheugen en insistant sur l'importance de « bien ancrer le concept de RSE dans les nouveaux Etats membres ». Le vice-président de la Commission a également noté que grâce à cette Alliance, on pourra avoir accès au grand nombre de PME qui n'étaient pas couvertes par la RSE, « alors qu'on sait que ce sont justement elles qui font preuve de responsabilité sociale ». Les Commissaires Verheugen et Spidla se sont dits convaincus que cette initiative est une « contribution positive à notre stratégie de croissance et d'emploi ». « Il y a un lien direct entre le succès de l'entreprise et la responsabilité sociale. Le capitalisme moderne doit s'imposer certaines limites pour sauvegarder la paix sociale », a précisé M. Verheugen.
Fervent partisan d'une RSE volontaire, le président du conseil d'administration du constructeur automobile VW, Bernd Pischetsrieder, a jugé essentiel de penser aux consommateurs. « Les entreprises européennes font face à des défis différents dans un environnement d'affaires hautement concurrentiel. Il faut aussi tenir compte de l'environnement réglementaire (…). Les entreprises doivent jouer leur rôle, mais dans un bon esprit. Cette initiative est dans l'intérêt des citoyens européens», a-t-il noté.
Ramon Ollé, PDG d'Epson, a mis l'accent sur le fait que « la RSE conservera fondamentalement la culture de l'entreprise » et a identifié trois domaines d'actions prioritaires en matière de RSE: éducation, capacité de dialogue sur l'éthique liée aux technologies, innovation en matière environnementale.
Soutien total également à cette initiative de la part de Philippe de Buck, Secrétaire général de l'Unice, et de son homologue de l'Ueapme, Hans-Werner Müller. Enfin, Etienne Davignon, Président de CSR Europe, a noté que « avec cette initiative, la RSE devient partie de la politique de l'UE en matière d'emplois » et remercié la Commission d'avoir « compris la signification globale de la RSE ».