Bruxelles, 22/03/2006 (Agence Europe) - Le comité consultatif scientifique du Centre européen pour la validation de méthodes alternatives (CEVMA) a approuvé le 21 mars six nouvelles méthodes qui réduiront le nombre des expérimentations de certains médicaments et produits chimiques sur des animaux et permettent, à partir de cultures cellulaires et non plus d'animaux, de déterminer la toxicité des médicaments anticancéreux et de détecter les médicaments contaminés. En outre, ces méthodes permettront d'accroître la précision des essais. La tâche du CEVMA, qui est intégré au Centre commun de recherche de la Commission, consiste à remplacer, améliorer et réduire l'expérimentation animale pour les produits cosmétiques, les médicaments et les substances chimiques. Avant de pouvoir être utilisées dans les laboratoires européens, ces méthodes doivent recevoir l'aval du comité consultatif scientifique du CEVMA composé de représentants des États membres, d'universitaires, d'industriels et d'organisations pour le bien-être animal.
L'une des méthodes vise à faciliter l'établissement du dosage adéquat de certains médicaments très toxiques utilisés dans la chimiothérapie du cancer (qui cause chaque année un million de décès dans l'UE). Une autre méthode utilisant des cultures de cellules de moelle osseuse de souris et des cellules de sang de cordon humain permettra de réduire le risque de surdosage mortel chez les patients du premier groupe traité, risque que les essais précliniques actuels ne permettent pas d'évaluer. Selon des études internationales, cette nouvelle méthode permet de prévoir plus précisément les effets des produits testés que les évaluations fondées sur l'expérimentation animale.
Cinq des nouvelles méthodes concernent les bactéries. Notre système immunitaire, qui a pour rôle de nous protéger contre ces dernières, réagit - faute de pouvoir les distinguer - non seulement aux bactéries vivantes mais également aux bactéries mortes ou à des parties de celles-ci. Même stérilisé, un médicament n'est pas nécessairement exempt de toute trace de bactéries, ce qui peut provoquer des effets secondaires (fièvre, douleur et état de choc). Chaque année, les médicaments sont testés sur 200 000 lapins avant d'être commercialisés. La nouvelle méthode, qui utilise des cellules immunitaires humaines cultivées en laboratoire (qui, tout comme le système immunitaire humain, peuvent reconnaître les bactéries), réduira non seulement le nombre d'animaux utilisés en laboratoires, mais aussi les coûts liés à l'expérimentation. Ces nouvelles méthodes présentent en outre l'avantage d'être beaucoup plus efficaces que les précédentes expérimentations animales pour la détection des médicaments contaminés.
Les travaux du CEVMA sont financés par le programme-cadre de recherche de l'UE, avec le soutien des États membres, des entreprises et des organisations pour le bien-être animal. En mettant à profit les avancées scientifiques, le CEVMA contribuera à accroître la sécurité des patients et le bien-être animal.