Bruxelles, 22/02/2006 (Agence Europe) - L'Union européenne et l'OTAN doivent renforcer leur coopération car elles ont besoin l'une de l'autre. C'est ce qu'il ressort de l'échange de vues qui a eu lieu le 21 février au Parlement européen entre les députés de la commission des Affaires étrangères du Parlement européen et des représentants de l'Assemblée parlementaire de l'OTAN. Petit paradoxe: ce sont ces derniers qui ont défendu l'utilité de la politique européenne de sécurité et de défense de l'UE (PESD) face à certains députés européens plutôt sceptiques.
Le mouvement de transformation politique et militaire de l'OTAN va se poursuivre et sa participation à des opérations de stabilisation va devenir « de plus en plus importante », a déclaré le vice-président de l'Assemblée parlementaire de l'Alliance atlantique, le Turc Vahit Erdem, pour qui l'OTAN est amenée à devenir, à terme, « une organisation de sécurité mondiale ». Dans ce contexte, les relations entre l'UE et l'Alliance doivent continuer à se développer. « Après (le Sommet de) Riga, et la transformation de l'OTAN, il y aura peut-être une réforme des relations mais aujourd'hui, les relations entre les deux organisations doivent s'inscrire dans les cadres existants », a-t-il expliqué. Une bonne collaboration entre les deux organisations est possible et surtout utile, a dit le député européen Karl von Wogau (démocrate-chrétien allemand) pour qui l'UE doit tirer parti du « know how » de l'OTAN tandis que cette dernière doit « renforcer ses liens » avec l'UE. Les Européens doivent également améliorer leur coopération entre eux notamment en matière de capacités militaires. Utiliser cinq systèmes de télécommunication différents pour un même bataillon ou encore disposer de 23 types de chars d'assaut différents: voilà des exemples de duplications inutiles, a estimé le président de la sous-commission « défense » du PE. « Au Parlement (européen), nous ne sommes pas tous contents de l'évolution de la politique européenne de défense et de sécurité », a embrayé le conservateur britannique Geoffrey van Orden. A ses yeux, « tout appui aux opérations de l'UE ôtera quelques éléments aux opérations de l'OTAN ». Le temps que les deux organisations passent à réfléchir sur le futur de leurs relations est « ridicule », a estimé M. van Orden pour qui « tout ce qui est fait par l'UE pourrait être fait par l'OTAN, même au sein de l'UE ».
La PESD est « une réalité, l'Europe ne va pas faire marche arrière », lui a répondu Vahit Erdem. La PESD a sa raison d'être notamment par le biais de son expertise civile, a ajouté l'Allemand Karl Lamers, de l'Assemblée parlementaire de l'OTAN, pour qui l'exemple des Balkans, où l'UE a pris le relais de l'OTAN (notamment pour lui permettre de s'occuper de l'Afghanistan), « est une bonne répartition des tâches ». « L'UE a besoin de l'OTAN et l'OTAN a besoin de l'UE », a conclu l'élu de la CDU (qui avait lancé, avec Wolfgang Schäuble, l'idée d'un « noyau dur » en Europe).