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Bulletin Quotidien Europe N° 9137
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Des parlementaires européens et nationaux évoquent ensemble des pistes pour la croissance de la zone euro

Bruxelles, 22/02/2006 (Agence Europe) - Les représentants de 27 chambres parlementaires issus de vingt Etats de l'UE et de deux pays candidats ont rencontré lundi et mardi à Bruxelles leurs homologues du Parlement européen pour un dialogue consacré aux chances de renforcer la croissance de la zone euro. 14 contributions écrites avaient été envoyées à la commission des affaires économiques et monétaires présidée par Pervenche Berès.

Dans son intervention, le Commissaire aux affaires économiques et monétaires, Joaquin Almunia, a estimé que la réforme du Pacte de stabilité et de croissance de mars 2005 avait abouti à « des résultats positifs ». Les chiffres des déficits sont plus conformes à la réalité qu'auparavant et les recours aux mesures non structurelles se sont réduits, et aujourd'hui la politique budgétaire est « dans une meilleure situation pour appuyer la croissance », estime M. Almunia, pour qui la révision du Pacte a aussi permis une « recomposition du consensus politique » après le blocage provoqué par la France et l'Allemagne en 2003. Comme l'a résumé Jean-Philippe Cotis, économiste en chef à l'OCDE, « il faut savoir s'abstenir du péché de facilité en période haute du cycle économique ». Selon lui, ces quinze dernières années, la croissance de la zone a souffert de politiques négatives, qui n'ont pas été inversées en temps utile. Tempérant un peu le constat de M. Almunia, qui notait une amélioration « nette » de la situation des pays qui ont réalisé des réformes, M. Cotis reste très préoccupé par l'impact du vieillissement de la population sur les finances publiques (pour le rapport de la Commission: EUROPE n° 9130). Des investissements transeuropéens sont « très rentables », mais il faut faire preuve de prudence dans le choix des projets, observe aussi M. Cotis. Constatant que 400 000 Européens travaillent actuellement dans le secteur de la recherche aux Etats-Unis, M. Cotis juge qu'il n'est « même pas la peine de rêver à une recherche florissante en Europe » si, en amont, il n'y a pas un financement adéquat. Des choix s'imposent donc aux Etats membres, qui pourraient soit s'inspirer des Etats-Unis, en obligeant « les futurs riches à financer leurs études » soit redéployer 2% de leur PIB à cette fin, alors que pour l'instant « les grands pays d'Europe continentale ne font ni l'un l'autre pour raisons politiques », déplore-t-il.

Jeremy Rifkin, président de la « Foundation on Economic Trends », a plaidé avec conviction pour que l'Europe lance la troisième révolution industrielle et en soit un fer de lance en matière énergétique. Un exposé stimulant, selon plusieurs députés, intéressés par la possibilité de progresser vers une politique énergétique commune. Selon M. Rifkin, « la prochaine phase de l'intégration européenne est un régime commun en matière d'énergie » encourageant à sortir de l'ère du pétrole et à reconfigurer les réseaux énergétiques en Europe. C'est un « objectif qui vaut la peine pour un législateur », et le meilleur héritage qu'il pourrait laisser, dit-il, en estimant que « la grande course » sera entre le Japon, qui est bien avancé, et l'Europe. Si les financements pour tels projets sont élevés, songez aux coûts de la hausse du pétrole, a-t-il lancé aux parlementaires, en expliquant que selon une étude de l'Université de Padoue, entre 2002 (lorsque le pétrole s'échangeait à 19 dollars le baril) et 2006 (où son prix a atteint 60 dollars), la facture de l'UE s'est alourdie de 381 milliards de dollars, et reste « exponentielle ».

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