Bruxelles, 07/02/2006 (Agence Europe) - Le vice-président de la commission des libertés publiques du Parlement européen, le socialiste grec Stavros Lambrinidis, a posé au Conseil de l'UE une série de questions sur l'affaire des écoutes téléphoniques de personnalités politiques grecques éclatée au grand jour la semaine dernière. De l'été 2004 à mars 2005, le Premier ministre grec Costas Caramanlis, certains de ses ministres et une quarantaine de personnalités (y compris le Commissaire européen à l'Environnement Stavros Dimas) ont fait l'objet d'écoutes téléphoniques grâce notamment à l'ajout d'un logiciel à l'intérieur du système informatique de l'opérateur de téléphonie mobile Vodafone. Le scandale a été révélé par le quotidien grec Ta Néa le 2 février, soit dix mois après que l'affaire ait été portée aux oreilles du gouvernement grec. Dans ses questions au Conseil de l'UE, M. Lambrinidis met l'accent sur le fait que « le gouvernement grec avait voté en faveur de la proposition controversée du Conseil sur la rétention des données (EUROPE n° 9081), alors qu'il connaissait depuis plusieurs mois non seulement l'existence d'une utilisation frauduleuse d'au moins une base de données appartenant à une compagnie de téléphonie, mais aussi l'incapacité de remonter jusqu'aux personnes à l'origine des écoutes ». Le député demande par ailleurs « si la décision du gouvernement grec de garder cette affaire secrète pendant dix mois et le fait de ne pas informer les victimes des interceptions constituent une violation des droits fondamentaux », et « si le gouvernement grec avait informé le Conseil ou la Commission de l'inadéquation des systèmes de protection des données en Grèce ». La justice a déjà ouvert des poursuites contre X pour « violation du secret téléphonique », sans exclure des poursuites supplémentaires pour « espionnage ». Washington a fait savoir que les Etats-Unis n'étaient pas concernés par cette affaire.