Strasbourg, 17/01/2006 (Agence Europe) - Devant la presse, la majorité des groupes politiques du Parlement européen ont marqué mardi leur accord sur la structure du rapport de Johannes Voggenhuber (vert autrichien) et Andrew Duff (libéral britannique) sur la réflexion sur la Constitution européenne, même si deux questions les divisent. Alors que les deux rapporteurs estiment que le texte de la Constitution doit être amélioré (ils proposent un nouvel amendement en ce sens), les deux rapporteurs fictifs, Richard Corbett et Alexander Stubb et leurs groupes respectifs (PSE et PPE-DE) ne souhaitent pas se prononcer à ce stade sur un tel scénario (voir EUROPE n° 9109). Le travailliste britannique et le conservateur finlandais soutiennent le texte voté en commission constitutionnelle et préfèrent défendre la version actuelle de la Constitution, en espérant que les circonstances changeront d'ici la fin de la période de réflexion. De même, l'idée d'un référendum européen consultatif, en même temps dans les 25 Etats membres (qu'un amendement des deux rapporteurs propose de réintroduire), ne fait pas l'unanimité, en particulier pour des raisons techniques.
La coprésidente du groupe des Verts-ALE, Monica Frassoni, a dit à la presse que l'objectif est de montrer que dans le vide ou la cacophonie actuelle, il faut faire quelque chose autour de la Constitution. Il faut toutefois « dire clairement qu'il n'est pas possible de soumettre aux citoyens le même texte », a-t-elle estimé. « Nous appuyons ce rapport » a lancé pour sa part le président du groupe ADLE, Graham Watson, en jugeant que l'horizon temporel suggéré par les rapporteurs est « réaliste » et que les idées qui y sont lancées sont « nécessaires pour l'Europe ». Hans-Gert Pöttering, président du groupe PPE-DE, a affirmé qu'il n'y avait « aucun doute » sur le soutien qu'apporterait le volet PPE de son groupe. L'élu de la CDU a, surtout, très vivement, réagi aux déclarations du ministre néerlandais des Affaires étrangères, Bernard Bot, pour qui la Constitution est morte et enterrée (EUROPE n° 9107). De tels propos sont « incompatibles » avec la réalité d'un Etat membre comme les Pays-Bas en Europe, et je les « rejette totalement », a-t-il dit, en ajoutant: « je suis stupéfait qu'un aussi éminent politicien dise ce genre de choses », et si cette position était répétée, cela « poserait de grands problèmes y compris à l'intérieur du PPE-DE ». Répondant à une question, M. Pöttering a aussi souhaité « une approche plus positive de la part de la Commission ». Martin Schulz, président du groupe socialiste, a pris soin de préciser qu'il « ne fallait pas considérer que le travail sur la Constitution est terminé », et qu'il faut « continuer à réfléchir sur la poursuite du processus constitutionnel ». Pour Francis Wurtz, président de la GUE-NGL, « le rapport est plombé par une contradiction », puisqu'il veut, d'une part, tenir compte des préoccupations exprimées par les « non » français et néerlandais, mais prévoit, d'autre part, que la Constitution entrera en tout état de cause en vigueur en 2009.