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Bulletin Quotidien Europe N° 9111
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) pe/omc

L'UE reste ambitieuse mais l'achèvement du cycle de Doha est une responsabilité partagée par tous les partenaires à l'OMC - Le Commissaire Mandelson veut un véritable dialogue avec le Parlement

Strasbourg, 17/01/2006 (Agence Europe) - L'issue de la réunion de Hong-Kong en décembre dernier est « très loin d'un résultat global et équilibré » et il reste beaucoup de travail si nous souhaitons que les discussions à l'OMC se terminent cette année, a jugé lundi soir en plénière Enrique Baron Crespo (socialiste espagnol). Ouvrant le débat au Parlement sur les résultats de la ministérielle de l'Organisation mondiale du commerce, le président de la commission du commerce international du Parlement européen a rappelé qu'il restait beaucoup à faire pour mener à bien en 2006 les négociations du Round de Doha. Le Commissaire au commerce Peter Mandelson a souhaité un véritable échange de vues avec les parlementaires avant d'aborder les prochaines phases de négociations, pour lesquelles il rappelle ses conditions.

Présentant son évaluation de la réunion de Hong-Kong, Peter Mandelson a concédé qu'il n'allait « pas prétendre que cette conférence a été véritablement un succès ». Cependant, malgré des progrès modestes, « le niveau des attentes avait été ramené bien plus bas et il n'y a pas donc eu de déception », a précisé le Commissaire, qui résume: Le résultat était ce que l'on pouvait obtenir de mieux à ce moment-là. L'Europe a été « ferme, mais aussi raisonnable » et la contribution européenne a été « reconnue en tant que telle », notamment concernant son acceptation de mettre fin aux subventions à l'exportation en 2013. « La voie à suivre sera difficile », a reconnu M. Mandelson, qui voit un risque de blocage des négociations sur l'agriculture, en particulier sur certains produits. Le Commissaire en appelle à la « responsabilité mutuelle » partagée par tous les participants aux négociations. « Lever les obstacles au commerce, ce n'est pas un prix injuste à payer », explique-t-il, en notant que si « la libéralisation doit intervenir dans l'agriculture », ces négociations ne concernent pas uniquement cela (l'agriculture ne représente que 5% du commerce mondial, souligne M. Mandelson). « Malgré les différences qui peuvent parfois nous opposer », a assuré M. Mandelson, aux parlementaires, « l'équipe Europe » reste ambitieuse. Cependant, l'UE n'est pas prête à payer le prix s'il n'y a pas de progrès, en particulier sur l'accès au marché des biens industriels et des services (notamment de certains pays émergents).

Pour Georgios Papastamkos (PPE-DE, grec), qui prépare pour avril un rapport sur ce sujet, les résultats de la réunion de Hong-Kong sont moyens. Entre la déception de n'avoir engrangé que des déclarations programmatiques et la satisfaction de voir les négociations se poursuivre, « la voie reste ouverte », a-t-il estimé. « Toutes les parties doivent être conscientes qu'il n'y a pas d'autres alternatives qui garantissent l'intégration économique et le développement », que la réussite de ce round, précise M. Papastamkos. Le socialiste français Harlem Désir considère lui aussi que le principal mérite de Hong-Kong a été de « ne pas avoir enterré le cycle ». L'objectif du Round doit demeurer le développement, même si cela signifie que l'UE obtiendra moins que les pays concernés, notamment en termes d'accès au marché, insiste M. Désir. Le socialiste français a salué le travail du Commissaire Mandelson (qui a maintenu la cohérence entre les Etats membres, notamment au sujet de la fin des subventions agricoles en 2013), mais l'a appelé à maintenir une certaine flexibilité pour éviter un blocage sur les services. Le succès en agriculture ne masque pas le fait que, à Hong-Kong, beaucoup a été omis, en particulier le droit des pays en développement à protéger leurs industries naissantes, a déploré Sajjad Karim (ADLE, britannique), pour qui les négociations à huis-clos reflètent « un manque de démocratie ». Marie-Hélène Aubert (verte française), pour qui ces négociations commerciales ont abouti à un « sommet d'hypocrisie », s'inquiète aussi d'un éventuel « repli vers des négociations moins transparentes en petit comité ». Une perspective bien triste pour les citoyens, explique Mme Aubert, d'autant que malgré l'affrontement apparent entre l'UE et les Etats-Unis, leurs politiques, selon elle, ont à peu près été les mêmes et ce sont les pays en développement qui ont été « floués ». Comment ose-t-on parler de cycle de développement, s'est interrogé Vittorio Agnoletto (GUE-NGL, italien), pour qui « l'égoïsme du nord a gagné » à Hong-Kong. Nous n'avons pas entendu un mot sur la nécessité d'intégrer les clauses sociales et de les respecter, a-t-il déploré, jugeant que le miroir aux alouettes se révélait dans toute sa fausseté.

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