Strasbourg, 17/01/2006 (Agence Europe) - En se prononçant ce mercredi sur la résolution Böge, le Parlement européen devrait rejeter la position du Conseil sur les perspectives financières 2007-2013 (EUROPE n° 9108). Mardi devant la presse, l'ensemble des groupes politiques ont souhaité rappeler le rôle du Parlement en matière budgétaire. « Nous sommes pour des négociations, mais nous ne voterons pas pour un budget tel qu'il est », a ainsi déclaré Daniel Cohn-Bendit, co-président du groupe des Verts-ALE. M. Cohn-Bendit souhaite aussi que le débat sorte du cadre stérile de la question du juste retour et prenne en compte les économies que le budget européen permet aux Etats membres de réaliser sur leurs propres budgets nationaux. Graham Watson, président du groupe ALDE, a indiqué qu'il ferait mercredi des « propositions concrètes », allant dans un sens acceptable pour le Conseil et augmentant la flexibilité du cadre financier. Ainsi, il propose de tenir compte de la croissance du PIB: si le taux de croissance dépasse les prévisions de 0,5, cela ferait 15,7 milliards d'euros en plus, a-t-il expliqué. Hans-Gert Pöttering estime sur un plan plus général qu'il n'est « pas acceptable que les politiques communes soient compromises par la décision du Conseil » sur les perspectives financières. Le Président du groupe PPE-DE demande que le Parlement soit associé aux débats sur les dépenses pour la politique étrangère et la révision à mi-parcours du cadre financier. Pour Martin Schulz, président du groupe PSE, la structure de l'accord du Conseil européen est « tout à fait fausse » et n'offre « pas un compromis de qualité ». Ce compromis m'a fait atteindre « mes limites de résistance à la douleur », a-t-il indiqué. A Vienne les ministres de l'Intérieur se sont prononcés ce week-end pour un renforcement de l'office de police Europol (EUROPE n° 9110) ; or, entre le projet du PE et le compromis du Conseil, il y a 7,8 milliards d'euros de moins pour la lutte contre le terrorisme à l'intérieur de l'UE, dit-il. « Certains au Conseil pensent que l'affaire est classée, il faudra leur rappeler qu'ils ont tort », a lancé Francis Wurtz, Président de la GUE-NGL, qui pronostique sans surprise le rejet du compromis des chefs d'Etat et de gouvernement.