Bruxelles, 17/01/2006 (Agence Europe) - A moins de deux mois du Conseil européen de printemps (23 et 24 mars) dont les travaux seront largement consacrés à la question énergétique, Commission et Présidence autrichienne du Conseil peuvent compter sur un large soutien du Parlement dans leur aspiration de jeter les bases d'une politique énergétique commune.
A l'issue d'un débat en plénière mardi sur le thème de la sécurité énergétique, le Commissaire à l'Energie, Andris Piebalgs, s'est « félicité de l'appui du Parlement à l'idée d'une approche commune sur l'énergie qui respecte le principe de la subsidiarité ». Soulignant que « le litige gazier russo-ukrainien a montré qu'un approvisionnement sûr en énergie n'était pas garanti », le ministre autrichien de l'Economie et président en exercice du Conseil, Martin Bartenstein, a rappelé que « la politique énergétique et le choix des moyens stratégiques pour garantir les approvisionnements de l'Union européenne sont, à l'instar des questions de compétitivité et de durabilité, d'abord des questions politiques ». Pour M. Bartenstein, au-delà des leçons à tirer de la rupture temporaire d'approvisionnement en gaz russe qui a touché plusieurs Etats membres de l'Union européenne (nécessité de diversifier les sources d'approvisionnement et les voies de transit, de privilégier le développement du marché du gaz naturel liquéfié, d'accroître la transparence sur les marchés des hydrocarbures et de garantir des prix de marché stables du gaz, ou encore de réaliser de nouveaux investissements à long terme dans les infrastructures et à court terme de renforcer le réseau gazier intérieur), il devient urgent de mettre en place une approche énergétique commune.
Puisque « l'énergie peut être utilisée comme une arme de politique étrangère, et comme les dispositifs communautaires actuellement en place ne permettent pas à l'Europe d'être invulnérable, l'Union européenne doit inévitablement prendre les mesures nécessaires pour mettre en place une véritable politique commune en matière d'énergie », a affirmé le Polonais Jacek Saryusz-Wolski (PPE-DE) qui a par ailleurs noté l'importance de la solidarité entre Etats membres pour venir en aide aux pays victimes de rupture en approvisionnement énergétique, et la nécessité pour l'Union d'intensifier ses efforts pour consolider la sécurité énergétique européenne via la BEI, la politique de voisinage et la mise en commun de stocks énergétiques.
Pour le social-démocrate autrichien Johannes Swoboda, dans le cadre d'une approche commune, « tous les Etats membres devraient travailler à la diversification énergétique et réfléchir avec les entreprises du secteur de l'énergie sur la gestion optimale des infrastructures pour éviter les situations monopolistiques ».
Mettant également l'accent sur la nécessité d'une « politique unique de l'énergie », la libérale lituanienne Danuté Budrekaité a pour sa part souligné l'importance que pourrait revêtir la Commission européenne aux yeux de Moscou si elle était l'unique représentante des 25 Etats membres sur les questions énergétiques.
Selon la Verte allemande Rebecca Harms, le conflit gazier a révélé les faiblesses de l'Europe en matière énergétique: une approche énergétique coordonnée et unifiée serait très avantageuse pour l'Union et lui permettrait de réduire les gaspillages en énergie.
Et Konrad Szymanski (UEN, polonais) affirme: « si l'Europe a le choix entre construire un gazoduc dans la mer Baltique ou diversifier ses approvisionnements et avoir une politique commune, elle doit choisir la deuxième solution pour lutter contre l'impérialisme russe ».
Au cours du débat, la plupart des députés ont également souligné la nécessité de jeter les bases d'une approche énergétique commune et de garantir la diversification des sources d'approvisionnement.