Bruxelles, 10/01/2006 (Agence Europe) - Selon le service d'information Sofia Morning News du 10 janvier, le président libyen Mouammar Kadhafi aurait affirmé dans une interview télévisée qu'il est « convaincu » que les infirmières bulgares détenues à Tripoli ont volontairement inoculé le virus du sida à plus de 400 enfants de l'hôpital pédiatrique de Benghazi et qu'elles auraient elles-mêmes avoué avoir commis cet acte sur ordre d'un certain « John ». « Nous avons demandé aux Bulgares: qui vous a donné l'ordre? Ils ont dit: John nous a donné le virus et l'argent, et puis il est parti. Nous devons trouver qui ce John est et pour quel service il travaille », aurait dit Kadhafi. « Nous allons trouver les services qui ont commandité cet acte et justice sera faite », aurait promis le président libyen. Il aurait aussi expliqué que les parents des enfants contaminés par le Sida veulent se venger et que, pour cette raison, il ne pourra pas y avoir de « deal politique » dans cette affaire.
EUROPE rappelle qu'en décembre dernier la Cour suprême de Libye avait annulé la condamnation à mort des infirmières bulgares et du docteur palestinien impliqués (voir notre bulletin n° 9098), ce qui signifie que la procédure doit recommencer de zéro. La semaine dernière, le ministre français des Affaires étrangères, Philippe Douste-Blazy, avait visité les infirmières dans leur prison à Tripoli. M. Douste-Blazy a présenté aux autorités libyennes un « plan français » qui est en fait un volet du plan de l'Union européenne qui a offert une aide aux enfants contaminés et au système de santé libyen, dans l'espoir de contribuer au déblocage de la situation. Ainsi, la France propose d'aider l'hôpital de Benghazi, de former du personnel et de fournir du matériel.