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Bulletin Quotidien Europe N° 9085
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) pe/immigration/libye

De retour de Libye, une délégation du PE dit avoir trouvé des interlocuteurs beaucoup plus coopératifs

Bruxelles, 08/12/2005 (Agence Europe) - Une délégations de six députés européens, présidée par le Maltais Simon Busuttil (PPE-DE), était lundi et mardi en Libye, pour évaluer l'impact de l'immigration clandestine dans ce pays. Les députés ont rencontré les différents ministres chargés de ce dossier. « Nous souhaitions transmettre aux autorités libyennes un message très précis: nous ne sommes pas là pour les mettre en accusation ni pour leur demander de contrôler les frontières de l'Europe. Nous sommes venus pour promouvoir la coopération sur un problème commun », a dit M. Busuttil jeudi à la presse. Cette mission de la sous-commission des droits de l'homme fait suite au déplacement d'une délégation du PE dans l'île de Lampedusa (Sicile) en septembre dernier (EUROPE n° 9031). Les députés ont souhaité identifier les moyens pratiques de coopérer avec la Libye afin de gérer les flux migratoires, s'informer du sort des immigrants clandestins renvoyés par l'Italie et évaluer la situation de ceux restés dans les centres de détention libyens. A ce propos, le vice-ministre libyen des Affaires étrangères, M. Mohammed Tahar Sila, a confirmé que tous les émigrants clandestins renvoyés par l'Italie sont rapatriés vers leur pays d'origine. La délégation a tenu à visiter un centre de détention à Tripoli et interroger quelques-uns des 360 émigrants qui s'y trouvent. Tous étaient effectivement en attente de rapatriement, y compris ceux ayant quitté leurs pays d'origine pour des motifs politiques ou de sécurité. L'une des principales craintes exprimées par M. Busuttil est que « la Libye n'est pas signataire de la Convention de Genève sur les réfugiés et ne reconnaît pas pour l'instant officiellement l'existence des réfugiés ou des demandeurs d'asile ». La Libye a néanmoins promis d'adopter dans les mois qui viennent une nouvelle législation en matière d'asile. Selon un rapport rendu public en avril dernier par la Commission, la Libye compterait 6 millions d'habitants dont environ 750 000 à 1,2 million de clandestins (EUROPE n° 8924). Elle commence à s'inquiéter des problèmes d'immigration qui la touchent particulièrement en tant que pays de destination et de transit vers l'Europe, et c'est sans doute une des raisons pour lesquelles « les autorités libyennes se sont montrées beaucoup plus coopératives que lors de la dernière visite d'une délégation du Parlement en avril 2005 », a souligné Simon Busuttil. Afin que la Libye soit prête à coopérer pleinement en matière d'immigration illégale et à rompre avec sa politique d'ouverture des frontières aux pays subsahariens, l'UE, cependant, devra mettre sur la table de véritables arguments financiers. L'UE et la Libye doivent se réunir d'ici la fin de l'année pour adopter un plan d'action commun. La Commission espère pouvoir établir une coopération opérationnelle d'ici le début de l'année prochaine.

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