Bruxelles, 01/12/2005 (Agence Europe) - Le Honduras et le Panama ont déposé le 30 novembre une plainte auprès de l'OMC contre le nouveau droit de douane imposé par l'UE sur les importations de bananes à compter du 1er janvier 2006. Ces deux pays ont déclenché une procédure accélérée pour que, dans les 90 jours, l'OMC vérifie la compatibilité du nouveau droit de douane avec les décisions antérieures des arbitres de Genève, qui avaient jugé trop élevées les deux propositions précédentes de l'UE (187 et 230 euros). D'autres pays d'Amérique latine, dont l'Equateur, premier exportateur mondial, devraient s'associer à la plainte. Ce dossier risque d'être évoqué lors de la Conférence de l'OMC qui s'ouvre le 13 décembre à Hong-Kong.
Les pays producteurs latino-américains de bananes jugent trop élevé le droit à l'importation de 176 euros par tonne approuvé le 29 novembre par les Etats membres de l'UE (EUROPE n°9078). « Ce tarif est inacceptable, et nous utiliserons tous les moyens juridiques de l'OMC pour faire respecter nos droits », a réagi Jorge Illingworth, ministre équatorien du Commerce extérieur. Soucieux de préserver leur part du marché européen, les producteurs latino-américains (Equateur, Brésil, Colombie, Costa Rica, Honduras, Guatemala, Nicaragua, Panama et Venezuela) avaient déjà obtenu en août des arbitres de l'OMC la baisse du tarif initialement proposé par l'UE (230 à 187 euros), avant que l'UE ne décide d'imposer un droit plus faible de 176 euros. Les pays d'Amérique latine contestent aussi la dérogation dont bénéficient les bananes produites par les pays du groupe ACP (Afrique, Caraïbes, Pacifique), qui disposent d'un contingent annuel d'importation sans droit de douane de 775.000 tonnes. Ce quota, réservé à ces pays qui ont un accès privilégié au marché européen dans le cadre des accords de Cotonou, « ne s'accorde pas avec un système de tarif unique », estime M. Illingworth. L'UE a demandé à l'OMC la prorogation de cette dérogation. Or, les pays d'Amérique latine préviennent qu'ils n'accepteront jamais d'accorder ce traitement de faveur, sachant que les règles de l'OMC interdisent ces contingents. « Tout cela viole l'accord que nous avons avec l'UE et nous donne le droit de présenter avant et pendant le cycle de Doha des réclamations légales », avertit M. Illingworth
Second exportateur de bananes, le Costa Rica a également prévu de soulever ce différend à Hong-Kong. Le ministre du Commerce extérieur du Costa Rica, José Manuel Gonzalez, a aussi souligné son intention de poursuivre les discussions avec l'UE pour obtenir une réduction de ce droit de douane.