Bruxelles, 15/11/2005 (Agence Europe) - Les rapports « élargissement » présentés le 9 novembre par la Commission européenne ont suscité des réactions divergentes chez les députés européens, y compris au sein d'un même groupe politique (EUROPE n° 9065 et n° 9066). Au sujet de la Turquie, le Vert allemand Cem Özdemir se félicite notamment que la Commission ait donné « une bonne note » à l'économie turque, en contredisant ceux qui agitent le spectre d'un pays pauvre qui se présenterait à la porte de l'UE comme « un mendiant ». En même temps, le député allemand d'origine turque reconnaît dans un communiqué qu'il ne faut pas minimiser le problème des écarts de développement entre les régions occidentales et orientales de la Turquie ou de la corruption. L'UE a raison de vouloir renforcer la pression sur la Turquie, estime M. Özdemir, qui insiste en particulier sur la « tolérance zéro » à l'égard de la torture et qui affirme: il ne doit plus y avoir de procès comme ceux contre le syndicat Egitim Sen qui se bat pour l'enseignement dans des langues maternelles comme le kurde ou l'arabe. Quant à Elmar Brok, président de la commission des Affaires étrangères, il salue « le nouveau ton de la Commission » qui, dit-il dans un communiqué, admet « maintenant », que « ce qui compte, ce n'est pas ce qui est sur le papier, mais la mise en œuvre concrète des réformes promises par le gouvernement turc ». Or, depuis décembre 2004 les efforts de réforme d'Ankara se sont considérablement ralentis, et la Commission le reconnaît aussi, remarque le démocrate-chrétien allemand. Au sein du même groupe, le PPE-DE, l'élu de la CSU Markus Ferber n'est pas tout à fait satisfait, et estime dans un communiqué que la Commission aurait dû être « plus conséquente », et suggérer pour la Turquie l'idée d'un « partenariat privilégié ». Sur un plan général, M. Ferber demande de ralentir le rythme de l'élargissement, en notant que deux « pays clé comme l'Allemagne et la France sont plongés dans une profonde crise politique ». Et, à propos de l'ancienne République yougoslave de Macédoine, il lance: la Commission « perd de plus en plus le sens de la réalité ».
Le Haut représentant pour la PESC Javier Solana, au contraire, se dit « très heureux que la Commission européenne, après une évaluation rigoureuse », considère que l'ancienne République yougoslave de Macédoine a fait des progrès suffisants pour obtenir le statut de candidat. Il y a moins de cinq ans, la stabilité de l'Arym était menacée par « un conflit interne dévastateur », rappelle-t-il, tout en reconnaissant que à Skopje, il faudra « travailler plus, et plus dur », dans de nombreux domaines.