Bruxelles, 07/11/2005 (Agence Europe) - Le Commissaire européen chargé de la santé, Markos Kyprianou, a annoncé à son arrivée dans la capitale du Vietnam, première étape de sa tournée de dix jours en Asie du sud-est, que la Commission accordera 30 millions d'euros aux pays d'Asie pour les aider à combattre le virus de la grippe aviaire. « L'UE aurait dû réagir plus vite pour aider l'Asie du sud-est à régler ce problème, (…) mais mieux vaut tard que jamais », a-t-il reconnu lors d'un entretien à Hanoï avec le ministre vietnamien de l'Agriculture, Cao Duc Phat (selon AP). Cette somme « a été mise de côté, en attendant une évaluation internationale des besoins » à moyen et à long terme qui permettra de déterminer quels pays seront bénéficiaires et pour quels montants, a précisé à Bruxelles une porte-parole de la Commission.
L'assistance financière était à l'ordre du jour de la conférence internationale sur la grippe aviaire qui s'est ouverte le 7 novembre à Genève en présence de plus de 500 représentants d'organisations internationales, de gouvernements et de donateurs publics et privés. Organisée par l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), l'Organisation pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), l'Office international des épizooties (OIE) et la Banque mondiale, la conférence vise à élaborer un plan d'action d'urgence (pour le 9 novembre) et à trouver des ressources supplémentaires pour contrôler et éradiquer le virus de la grippe aviaire chez les animaux et empêcher sa transmission à l'homme. « Aujourd'hui, on reconnaît qu'une des façons les plus efficaces d'éviter la pandémie, c'est de supprimer ou de limiter la quantité de virus chez l'animal », a déclaré à l'AFP le directeur de l'OIE, Bernard Valat. Une aide de 500 millions de dollars a été proposée par la Banque mondiale pour appuyer les programmes nationaux de vaccination et d'abattage sélectif des animaux dans les pays touchés ou menacés par une pandémie de grippe aviaire, ce qui serait une aide « extrêmement encourageante » pour Bernard Valat, qui (d'après AP) rappelle que « sur 167 pays membres de l'OIE, 120 n'ont pas les moyens d'indemniser les éleveurs ». « Le virus H5N1, très pathogène, a touché jusqu'ici une dizaine de pays. Il pourra certainement se transmettre d'un être humain à l'autre. Nous ne savons pas quand, mais il pourra le faire », a déclaré à l'ouverture de la conférence le directeur général de l'OMS, le Dr Lee Jong-wook. « Si nous ne sommes pas prêts, la prochaine pandémie causera des destructions humaines considérables », a-t-il mis en garde. Après le Cambodge, la Thaïlande, le Vietnam et l'Indonésie, la Chine pourrait être le prochain pays à annoncer officiellement un cas de décès humain dû au virus H5N1 de la grippe aviaire, si les tests effectués par l'OMS confirment que la mort d'une adolescente de 12 ans dans la province du Hunan le 13 octobre dernier, est liée au virus H5N1. Les autorités chinoises ont ordonné l'abattage d'un million de poulets ce week-end, après la découverte d'un foyer animal de grippe aviaire dans le village de Badaohao de la province de Liaoning (nord-est), sur une des voies principales de migration entre l'Asie du sud-est et l'Australie. Il s'agit du quatrième foyer découvert en l'espace de trois semaines, après ceux de la Mongolie intérieure (nord), de l'Anhui (est) et du Hunan (sud).