Bruxelles, 28/10/2005 (Agence Europe) - En utilisant un certain nombre d'astuces budgétaires, l'Agence spatiale européenne (ESA) a réussi à trouver une solution pour débloquer la deuxième phase du projet européen de radionavigation par satellite Galileo. Réunis vendredi à Paris, le comité de politique industrielle et le comité de programme de l'ESA ont approuvé les budgets et le contrat correspondant à la phase de développement qui comporte le lancement de quatre satellites. Il s'agit de la phase intermédiaire entre le lancement des deux premiers satellites expérimentaux (l'un avant la fin de l'année, l'autre début 2006) et celui des vingt-six autres satellites de la constellation qui sera à la charge du concessionnaire.
Sur un budget de 1,2 milliard d'euros, il manquait à ce stade 400 millions que différents Etats membres ne souhaitaient pas débloquer de manière à disposer d'un moyen de pression en vue d'obtenir certaines retombées du projet. C'est dans ce cadre que la France, l'Italie, l'Allemagne, l'Espagne et le Royaume-Uni cherchent notamment à obtenir soit le siège du concessionnaire, soit l'installation d'un centre de contrôle voire le siège de l'autorité de surveillance actuellement installée à Bruxelles. C'est notamment là qu'est attendu l'arbitrage de Karel Van Miert, l'ancien Commissaire européen à la Concurrence, qui vient d'être nommé mardi pour débloquer la situation, y compris sur le plan industriel (EUROPE n° 9056).
Sur les 400 millions manquant, l'ESA et la Commission européenne ont réussi à en trouver la moitié mais il manque toujours 200 millions qui devront être trouvés durant l'année 2006. Dans l'immédiat, cela ne pose pas de problème dans la mesure où certaines dépenses comme l'achat des lancements, n'ont pas encore besoin d'être réglées. Pour l'essentiel, les sommes trouvées ont été dégagées en reportant le financement d'activités moins prioritaires. Pour un projet d'une telle ampleur, la solution paraît boiteuse. Elle était dictée par le calendrier que Galileo continuera, de justesse, à respecter.