Bruxelles/Stavanger, 04/10/2005 (Agence Europe) - En ouvrant par un message vidéo, les travaux du 13ème congrès annuel d'Eurochambres, qui s'est tenu les 29 et 30 septembre à Stavanger (Norvège) sur le thème « Esprit d'entreprise et Emploi », le président de la Commission européenne José Manuel Barroso a rappelé que « la grande innovation de la stratégie de Lisbonne, c'est l'esprit d'entreprise », un esprit qu'il faut promouvoir pour créer plus d'emplois. « L'Europe a besoin de plus de personnes qui créent des start up », a estimé M. Barroso, pour qui « les organisations patronales doivent être capables d'utiliser les opportunités du marché intérieur ». « Je compte sur les Chambres de commerce et d'industrie (CCI) pour le faire », a-t-il assuré. Le président sortant d'Eurochambres Christoph Leitl (qui a été élu Président honoraire de l'organisation) a vivement regretté dans son intervention que la Norvège ne soit pas membre de l'UE. « Nous sommes en dehors de l'UE mais franchement nous sommes quelque part dans l'UE qui est pour nous un très grand partenaire commercial ! », lui a répliqué le maire de Stavanger, M. Soland. Pour Pierre Simon, qui succèdera à M. Leitl, le 1er janvier 2006 (voir autre nouvelle), « l'environnement international peut être amélioré si on crée une culture de l'entrepreneuriat capable de booster la croissance et l'emploi ». Le ministre norvégien des Affaires étrangères Jan Petersen a souhaité qu'on facilite la création d'entreprises et qu'on encourage les jeunes. Le Professeur Finn E. Kydland, Prix Nobel de l'économie 2004, a concentré son intervention sur la problématique des horaires de travail, alors que le président de la Chambre internationale de commerce Yong Sung Park a rappelé le rôle du système commercial international. Quant à John Holloway, directeur des « opérations » au Fonds européen d'Investissement (FEI), il a expliqué l'appui du FEI au développement des PME. Tirant les conclusions de la séance d'ouverture, Christoph Leitl a estimé que « l'Europe doit être plus optimiste, oser prendre des risques et profiter des risques, car ils comportent des chances à saisir ». « Que fait-on pour encourager les femmes dans l'entrepreneuriat ? Fait-on assez au niveau européen pour les femmes ? » a demandé la dynamique présidente du Réseau Femmes d'Eurochambres, Isabelle Moore. Et M. Leitl de répondre: « Il faut encourager les femmes à utiliser leur potentiel et leur donner la possibilité de diriger des entreprises. Je dis aux femmes: Soyez plus confiantes en vous. La confiance doit être au rendez- vous ! ».
Parmi les nombreux intervenants aux différents ateliers du congrès, la Secrétaire d'Etat norvégienne au Commerce et à l'Industrie Tone Skogen a présenté la stratégie de son pays en matière de politique d'entreprise, qui, a-t-elle insisté, mise sur les jeunes. Elisabeth Bittner (Commission européenne, DG Education) a estimé que « l'esprit d'entreprise doit être développé dès le plus jeune âge » et que « il faut laisser rêver les jeunes, leur donner la passion et l'esprit de persévérance permettant de devenir un entrepreneur à succès ». La jeune chef d'entreprise norvégienne Kjorsti Bergsaker-Aspoy (qui travaille aussi chez Statoil) lui a emboîté le pas, en s'exclamant: « Pour moi, un entrepreneur est une personne qui regarde au-delà de l'horizon, et qui est capable de poursuivre ses rêves ! ». « Les études démontrent que lorsque des femmes créent leur propre entreprise, elles sont plus créatives que les hommes (…), qu'elles créent des réseaux très puissants et qu'elles sont plus disposées à entamer des relations avec des universités et à demander de l'aide. Si on prend l'agenda de Lisbonne au sérieux, il faut éliminer les entraves à l'épanouissement des femmes, il faut créer les bonnes infrastructures permettant aux femmes de concilier vie familiale et vie professionnelle », a lancé Isabella Moore. La vice-présidente du Réseau Femmes d'Eurochambres Sophia Economacos a présenté les actions concrètes de la Chambre de Commerce espagnole afin que la femme puisse participer à l'entrepreneuriat, autrichienne qui offre des gardes d'enfants sur les sites des entreprises, allemande qui propose des services aux femmes managers, italienne qui établit un lien entre la création d'entreprises par des femmes et le commerce durable, grecque qui lutte activement contre le chômage des femmes. Albrecht Mulfinger (Commission européenne, DG Entreprises) a reconnu la sous-représentation des femmes dans l'innovation, l'Internet et la construction, en estimant qu'il faut donner une plus grande visibilité aux femmes chefs d'entreprise et mieux les aider à créer elles-mêmes leur société.