Bruxelles, 15/09/2005 (Agence Europe) - La presse italienne signale que le conseil d'administration de la banque italienne Banca popolare italiana (BPI) a donné son accord pour céder à la banque néerlandaise ABN Amro les 24,9% qu'elle détient dans la banque Antonveneta. ABN Amro contrôlera ainsi près de 60% du capital d'Antonveneta et lancera une offre sur les actions restantes. Le porte-parole de Neelie Kroes, Commissaire en charge de la concurrence, a indiqué mercredi que ces événements ne signifiaient pas un arrêt de l'examen en cours de la situation en Italie de la part des services de la Commission.
La concurrence entre BPI et ABN Amro pour le rachat d'Antonveneta avait été marquée par l'intervention d'Antonio Fazio, gouverneur de la Banque centrale italienne, mis en cause pour sa partialité en faveur de BPI. Pour restaurer la crédibilité du système bancaire italien, le gouvernement de Silvio Berlusconi a présenté début septembre une réforme de la Banque d'Italie (voir EUROPE n° 9022 et 9027).
Charlie McCreevy est de nouveau en Italie les 15 et 16 septembre après une première visite il y a quinze jours au cours de laquelle il avait accusé l'Italie et la France de défendre des secteurs d'activités nationaux contre toute tentative de rachat par des entreprises étrangères (voir EUROPE n° 9020). Le Commissaire européen en charge du marché intérieur abordera notamment les questions de la consolidation transfrontalière du secteur bancaire et de la Banque d'Italie avec plusieurs représentants du gouvernement italien dont Domenico Siniscalco, ministre de l'Economie et des finances.
Le porte-parole de Neelie Kroes, Commissaire en charge de la concurrence, a indiqué mercredi que ces événements ne signifiaient pas que l'examen de la situation en Italie en cours dans les services de la Commission va cesser. « Nous sommes prêts à discuter les propositions de la Commission (…), mais pas à renoncer aux progrès décisifs faits en matière de droits sociaux et des consommateurs. Notre souci c'est de mieux légiférer, pas moins », renchérit le vice-président du groupe socialiste Hannes Swoboda, qui préside un comité du groupe sur « mieux légiférer » (et qui met en garde: le Parlement aura à se prononcer comme co-législateur sur les éventuels retraits de texte). Au groupe PPE-DE, Angelika Niebler (CSU), au contraire, appuie totalement la démarche de la Commission.