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Bulletin Quotidien Europe N° 9021
JOURNEE POLITIQUE / (eu) pe/religion/societe civile

Des députés européens reprochent à la Commission de privilégier le dialogue avec l'Eglise catholique

Strasbourg, 06/09/2005 (Agence Europe) - La Commission européenne a eu au printemps dernier une rencontre avec des représentants des églises, et cet automne elle en organisera une avec des représentants de la société civile et des organisations humanistes, a assuré lundi soir en plénière le Commissaire européen Jacques Barrot, en répliquant aux attaques de certains députés européens qui reprochaient à la Commission de privilégier l'Eglise catholique, dans le dialogue qu'elle a engagé avec les églises et les organisations non confessionnelles. La déclaration n° 11 annexée au Traité d'Amsterdam prévoyait un tel dialogue qui, selon la Commission, « relève de la normalité de ses relations avec les acteurs de la société civile », a poursuivi M.Barrot, qui a rappelé que la Constitution européenne précise ses modalités. Même si la Constitution n'est pas entrée en vigueur, la Commission entend poursuivre cette pratique, «dans le respect de l'égalité de traitement » de ses interlocuteurs, a-t-il dit, en ajoutant: cela ne signifie pas que tous ces interlocuteurs doivent être systématiquement présents à toutes les rencontres, « ça dépend des thèmes traités ». Alors que plusieurs députés se sont essentiellement félicités de cette initiative de la Commission, d'autres, comme le président du groupe ALDE Graham Watson, ont tenu à mettre l'accent sur la nécessaire séparation entre Etat et église. D'autres ont reproché à la Commission son manque de transparence dans cette affaire. Nous devons disposer des listes des participants et des procès-verbaux de ces réunions, qui doivent avoir lieu en public, a réclamé le travailliste britannique Michael Cashman, soutenu par Sophia in't Veld (ALDE, néerlandaise) qui s'est écriée: le dialogue, oui, mais ça ne peut pas se passer seulement avec quelques personnes « triées » par le Président Barroso qui, contrairement au Président Prodi, discrimine les organisations humanistes. Plus virulente, la socialiste belge Véronique de Keyser a lancé: « Je suis choquée par la légèreté avec laquelle la Commission a « oublié » d'inviter la Fédération humaniste européenne pour la remplacer par l'Eglise de la scientologie ». Et elle a profité de l'occasion pour critiquer le financement communautaire en faveur des participants à la Journée mondiale de la jeunesse, à Cologne avec le pape. « C'est le dernier miracle de Jean-Paul II, qui a fait d'un non du Parlement à ce financement un oui (…) On nous dit que l'UE ne finance pas les hosties, mais le lait pour les participants. L'UE est-elle devenue la vache à lait du Vatican ? ». Le radical italien Marco Pannella s'est insurgé lui aussi contre « l'Europe vaticane », en citant le Premier ministre français Emile Combes qui, il y a cent ans, disait: « Le Vatican, après avoir occupé l'église, veut maintenant occuper les Etats ». Jacques Barrot a essayé d'apaiser les esprits en concluant: « Séparation de l'église et de l'Etat oui, mais dans le respect. Quant au phénomène sectaire, il doit être combattu ».

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