Bruxelles, 06/09/2005 (Agence Europe) - La Commission européenne a indiqué mardi qu'elle espérait obtenir en début de semaine prochaine le feu vert des 25 Etats membres de l'Union à l'accord sur les textiles conclu en marge du 8ème Sommet UE-Chine lundi à Beijing entre le Commissaire au Commerce, Peter Mandelson, et son homologue chinois, Bo Xilai, pour permettre le déblocage dans les plus brefs délais des 80 millions de produits textiles chinois bloqués en douane dans les ports européens (EUROPE n° 9020). L'accord sino-européen conclu lundi, qui vient réviser le Mémorandum d'entente de Shanghai de juin dernier visant à limiter les exportations de textiles chinois jusqu'en 2007 pour dix catégories de produits et mis à mal par les nombreuses difficultés rencontrées dans sa mise en œuvre depuis le 12 juillet, « est encore soumis à l'approbation des Etats membres », a rappelé une porte-parole de la Commission, Pia Ahrenkilde. « Les premiers signaux que nous avons reçus des Etats membres semblent positifs. Mais les Etats membres doivent avoir le temps nécessaire pour étudier l'accord », a indiqué Mme Ahrenkilde, avant d'ajouter: « Nous espérons pouvoir achever la procédure rapidement en début de semaine prochaine ».
Alors que le nouveau projet de règlement révisant celui relatif à l'Accord de Shanghai faisait toujours l'objet d'une consultation interservices à la Commission, la commission Textiles du Comité 133 où siègent les experts des Etats membres se réunissait de nouveau mardi après-midi pour formaliser la position de chacun des Etats membres après sa réunion de lundi. Un peu plus tôt mardi matin, M. Mandelson s'est dit « confiant » quant à un feu vert rapide des Vingt-cinq à l'accord signé lundi. « Nous devons répondre aux besoins non pas seulement des producteurs européens de textile, mais aussi des commerçants européens, parce qu'en fin de compte, les gouvernements des Etats membres doivent donner la priorité au consommateur », a déclaré M. Mandelson à la BBC.
La Fédération syndicale européenne du textile, ETUF-TCL, a été la première à réagir lundi après l'annonce du compromis à Beijing. Si, dans un communiqué, elle indique accueillir « favorablement l'esprit constructif dont ont fait preuve les autorités chinoises en vue de résoudre de manière pragmatique le problème des produits textiles bloqués actuellement en douane », ETUF-TCL estime « inacceptable que l'industrie européenne et ses travailleurs vont une fois de plus devoir payer une partie de la facture d'une crise dans laquelle les importateurs et les distributeurs ont aussi leur part de responsabilité ». « L'industrie européenne ne peut pas être placée dans une position où la validité des accords commerciaux importants est sujette à être constamment remise en question », déplore pour sa part la Fédération européenne des industriels du textile, Euratex. « Le but de l'accord de juin était de placer des limites connues aux exportations massives de textiles chinois en 2005, 2006 et 2007 pour dix catégories de produits. Aujourd'hui, on accorde un cadeau supplémentaire à la Chine sur ses volumes exportables en doublant notamment les quantités de pull-overs pour 2005. Ceci va encore plus handicaper les producteurs européens dans leurs efforts pour survivre face aux prix prédateurs chinois », poursuit Euratex avant d'avertir que « l'industrie en Europe en paiera encore le prix en terme de faillite et de pertes d'emplois si les Etats membres acceptent le deal sino-européen ».