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Bulletin Quotidien Europe N° 9021
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/ocde

Le cyclone Katrina et le maintien du prix élevé du pétrole auront des effets sur la croissance mondiale au second semestre 2005

Bruxelles, 06/09/2005 (Agence Europe) - Lors de la présentation de chiffres intermédiaires sur les perspectives économiques des pays membres de l'organisation, Jean-Philippe Cotis, économiste en chef de l'OCDE, a surtout insisté sur les effets du cyclone Katrina associés au maintien de prix élevés du pétrole. Il s'agit notamment d'une « question importante » pour la zone euro, qui se trouve « en début de redémarrage après une longue série de reprises avortées », a-t-il expliqué mardi à Paris.

L'ouragan Katrina risque de porter un coup sévère à l'économie américaine et mondiale, a insisté M. Cotis, en expliquant que les capacités de production en pétrole provisoirement perdues dans le Golfe du Mexique correspondaient à la marge excédentaire des capacités sur le marché mondial. Ce dernier devrait dès lors être « très tendu », estime M. Cotis, qui rappelle que selon les projections actuelles des conjoncturistes américains, la baisse des activités au second semestre aux Etats-Unis pourrait atteindre un quart à un demi point du PIB et avoir des conséquences « non négligeables sur l'inflation et la consommation des ménages ». Libérer le pétrole brut des réserves stratégiques pourrait ainsi aider à « calmer le marché le temps de reconstituer les capacités de production », souligne-t-il ainsi. Avec une hausse d'environ 15 dollars depuis début mai, le prix du baril de brut se situait mardi autour de 65 dollars. « Des prix plus très éloignés de ceux enregistrés à la fin des années 70 », qui entraînent d'une part des effets mécaniques (ponction du pouvoir d'achat) et d'autre part des coûts d'incertitude pesant sur le climat de confiance, indique M. Cotis. C'est un « choc majeur et rien n'indique qu'il est arrivé à son terme », déclare l'économiste, qui entrevoit « des effets négatifs sur les investissements et les dépenses en biens durables ».

Selon des prévisions calculées avant la catastrophe, l'OCDE anticipait une croissance du PIB américain de 3,6% pour 2005, avec des hausses de 0,9% lors des prochains trimestres. Selon M. Cotis, « la Réserve fédérale devrait continuer de redescendre vers un taux neutre, mais peut-être de façon plus mesurée qu'elle l'a fait jusqu'à présent ». Toujours sur base de chiffres ne tenant pas compte de l'impact du cyclone Katrina, l'OCDE prévoyait une croissance annuelle de 1,3% dans la zone euro (contre 1,2% précédemment), répartie entre 0,4% au troisième trimestre et 0,5% au dernier trimestre. La France et l'Allemagne en seraient les principaux bénéficiaires mais la question du passage à une croissance actuellement tirée par les exportations à une croissance soutenue par la demande intérieure finale reste problématique. Or il n'y a « pas de signe que ce mécanisme soit à l'œuvre », souligne M. Cotis, qui estime que la très forte augmentation des carnets de commandes pour des investisseurs allemands dans leur pays est « une donnée encourageante », restant à confirmer. « Il ne faut pas broyer du noir, mais l'Europe est un peu vulnérable dans ce contexte », ajoute-t-il, en considérant que « le moment pour un resserrement monétaire en Europe n'est pas venu » et que la Banque centrale européenne (BCE) devrait continuer d'adopter « une position très accommodante ». L'OCDE a en revanche baissé ses prévisions pour le Royaume-Uni de 2,4% à 1,9%, estimant que la Banque d'Angleterre devait réduire ses taux. La croissance japonaise pourrait s'élever à 1,8% (contre 1,2% auparavant) et semble en mesure de résister aux effets des prix du pétrole.

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