Bruxelles, 05/07/2005 (Agence Europe) - Les ministres de l'Intérieur des cinq grands pays européens du G5 se sont engagés mardi à Evian (France) à prendre des mesures concrètes pour aller plus vite ou plus loin que les autres Etats membres. Les ministres de l'Intérieur français, britannique, italien et espagnol, en l'absence de leur collègue allemand Otto Schily retenu à Berlin pour une réunion préélectorale de son parti, se réunissaient pour la huitième fois depuis leur première réunion à Jerez en mai 2003.
La lutte contre l'immigration illégale a été au centre de leurs discussions, avec la décision de mener rapidement des expulsions de clandestins par charters communs (il existe déjà une décision européenne encourageant ces expulsions conjointes ; la Commission prépare une proposition détaillée pour établir des normes minimales communes contraignantes), d'analyser et durcir les règles du regroupement familial (une directive européenne très contestée va entrer en vigueur le 3 octobre), et d'accélérer l'utilisation de la biométrie dans les demandes de visas (prévue avec le Système Information Visa européen). Ils ont prévu aussi d'accélérer les échanges d'informations (priorité du programme 2005-2009 de La Haye).
La Commission européenne a toujours regardé avec une certaine méfiance ces réunions « à part » de cinq grands Etats membres. « Que quelques Etats membres travaillent ensemble, s'ils se situent dans une perspective européenne, c'est bienvenu », observe le porte-parole du Commissaire Franco Frattini, chargé de la justice et des affaires intérieures, avant de faire remarquer que sur la plupart de ces sujets «soit il existe déjà une législation, soit des propositions demandées par le Conseil sont prévues ».
Nicolas Sarkozy, revenu il y a un mois au ministère français de l'Intérieur, généralement absent des réunions du Conseil Justice et Affaires intérieures à 25 quand il occupait déjà ce poste, a déclaré à Evian qu'il voudrait que la Pologne rejoigne le club des cinq.