Bruxelles, 05/07/2005 (Agence Europe) - Après l'accord politique des Etats membres de l'UE sur le nouveau Fonds européen agricole de développement rural pour la période 2007-2013 (EUROPE n° 8974), la Commission européenne a adopté, mardi, les orientations stratégiques de la Communauté pour cette politique. Ce document servira de catalogue de priorités pour les Etats membres qui devront finaliser, au plus tard au début de 2006, leurs plans stratégiques nationaux de développement rural. Pour rappel, les Etats membres avaient critiqué en mars dernier la première ébauche du texte de la Commission sur les « orientations stratégiques » (EUROPE n°8909). La Commission a tenu compte de certaines des remarques en faisant référence, dans son document, au « modèle agricole européen » défini en 1997 et visant une agriculture compétitive, durable, et multifonctionnelle.
Les orientations stratégiques ont pour objectif d'identifier les régions dans lesquelles l'utilisation du soutien communautaire en faveur du développement rural crée le plus de valeur ajoutée, d'établir le lien avec les principales priorités de l'UE (Göteborg, Lisbonne), ou encore d'assurer la cohérence avec les autres politiques communautaires (cohésion et environnement).
Le document identifie les actions clés en fonction des quatre axes d'intervention connus:
Compétitivité des secteurs agricole et forestier: pour « renforcer et dynamiser le secteur agroalimentaire européen », il conviendrait de prendre des mesures destinées à: - faciliter l'innovation et l'accès à la recherche et au développement ; - améliorer l'intégration dans la chaîne agroalimentaire (recours aux services de conseil et d'assistance) ; - encourager l'adoption des technologies de l'information et de la communication (TIC) (les crédits doivent compléter les initiatives de la Commission telles que i2010 dans les domaines du commerce électronique, des compétences numériques et de l'apprentissage en ligne) ; - stimuler un esprit d'entreprise dynamique ; - développer de nouveaux débouchés (soutien des investissements et de la formation dans le domaine de la production non alimentaire pour créer de nouveaux débouchés et développer des matières énergétiques renouvelables et des biocarburants) ; - améliorer les performances environnementales ; - restructurer le secteur agricole (en particulier dans les nouveaux Etats membres).
Environnement et paysage: les actions prioritaires retenues sont: - promouvoir les services environnementaux et les pratiques agricoles respectueuses des animaux ; - préserver les paysages cultivés ; - lutter contre le changement climatique ; - renforcer la contribution de l'agriculture biologique ; - encourager les initiatives économiques/environnementales où tous sont gagnants ; - encourager l'équilibre territorial.
Qualité de vie dans les zones rurales: les mesures prévues devraient contribuer à la création de possibilités d'emploi: - développer l'activité économique et les taux d'emploi dans l'économie rurale au sens large ; - encourager l'entrée des femmes sur le marché du travail (développer les structures de garde d'enfants dans les zones rurales pour faciliter l'accès des femmes au marché du travail) ; - développer les microentreprises et l'artisanat ; - former les jeunes aux compétences rurales traditionnelles (pour tirer parti de la demande en matière de tourisme, d'activités récréatives, de services environnementaux et de produits de qualité) ; - encourager le développement du tourisme ; - moderniser les infrastructures locales, en particulier dans les nouveaux États membres (télécommunications, transport, énergie et eau).
Capacités locales pour l'emploi: le soutien au titre de l'axe « Leader » offre la possibilité, dans le cadre d'une stratégie de développement local fondée sur les besoins et les atouts locaux, de combiner les trois objectifs précédents (compétitivité, environnement et qualité de la vie/diversification). Les actions clés énumérées sont: - constituer une capacité locale de partenariat, d'animation et de promotion de l'acquisition des compétences ; - encourager le partenariat public-privé ; - promouvoir la coopération et l'innovation ; - améliorer la gouvernance locale.