Bruxelles, 20/06/2005 (Agence Europe) - La Commissaire Viviane Reding chargée de la société de l'information et des médias, a présenté aux commissions Culture et industrie du PE, les grandes lignes de la politique de la Commission en matière de technologies de l'information.
Commission Culture et Education : Mme Reding est revenue sur les résultats du Conseil « Education, Culture, Jeunesse, Audiovisuel » du 23 mai, notamment sur l'adoption des orientations générales à propos de Media 2007 qui mettent l'accent sur un soutien aux PME. Elle a assuré que la Commission partage le consensus dégagé au Conseil et qu'elle modifiera la proposition après l'avis du PE. Pour la révision de la Directive Télévision sans frontières, elle a tranquillisé les députés inquiets de voir un contournement du principe du pays d'origine (« Je les ai rassurés. (…) Je suis résolue à protéger les objectifs principaux de cette directive »). Elle a par ailleurs évoqué les résultats de l'échange de vues sur la lutte contre les incitations à la haine dans les émissions en provenance des pays tiers (meilleure coopération entre les autorités nationales, mise en place d'un système de reconnaissance mutuelle). Viviane Reding a ensuite présenté « e2010 », l'initiative de la Commission qui définit un nouveau cadre stratégique sur les orientations politiques qu'elle préconise sur cinq ans dans le domaine des TIC (EUROPE n°8959). Elle a rappelé que les nouvelles technologies ont un potentiel de croissance énorme, générateur de richesse et d'emplois, un élément qui pourrait rapprocher les citoyens de l'Europe (« Les citoyens ne croient dans l'Europe que si elle génère de la prospérité et des emplois ! », a-t-elle lancé). Elle a rappelé les trois piliers qui sous-tendent « e2010 »: (1) mise en place d'un instrument régulateur comportant la modernisation des règles existantes et l'abolition des règles obsolètes, et révision du cadre réglementaire sur les communications électroniques (pour créer de nouveaux services pour les citoyens à un tarif raisonnable) ; (2) investissement massif dans la recherche: la Commission propose d'augmenter de 80% les investissements d'ici à 2010 (mais elle risque d'échouer suite aux décisions sur les perspectives financières 2007-2013, a-t-elle déploré). Si on n'augmente pas les crédits à la recherche, certaines initiatives prometteuses seront tout bonnement abandonnées au profit des Etats-Unis et du Japon, a-t-elle averti ; (3) des TIC orientées vers les citoyens et la qualité de la vie (services aux personnes âgées, voitures « intelligentes », numérisation des fonds documentaires des bibliothèques). Mme Reding a aussi expliqué que les nouvelles technologies constituent un support fondamental pour la préservation du patrimoine culturel européen: « la digitalisation des films constitue une opportunité extraordinaire pour toucher un nouveau public, pour faire voyager les films », s'est réjouie la Commissaire, qui n'élude pas pour autant la problématique des droits d'auteurs et du piratage. En répondant à des questions sur l'implication des PME dans la recherche appliquée, Mme Reding a souligné l'urgence d'aider les PME qui appliquent les résultats des recherches et a préconisé, en la matière, des investissements publics et privés. Interrogée sur le processus de digitalisation des fonds documentaires des bibliothèques, elle a annoncé une grande réunion des bibliothèques nationales, qui discuteront de cette thématique en septembre à Luxembourg. Le « projet Google », qui vise à mettre sur le net des millions d'ouvrages issus des plus prestigieuses universités, a été aussi évoqué, et la Commissaire a estimé que la mise à disposition du public du patrimoine européen, multiculturel et multilingue, serait une excellente initiative. Le socialiste français Henri Weber s'est inquiété de la fracture sociale que les nouvelles technologies pouvaient creuser. « On ne soutient pas la technologie pour le plaisir, sans voir ce que cela apportera au citoyen », a assuré Viviane Reding, consciente que les TIC peuvent laisser de côté certains citoyens pour des raisons géographiques (la large bande qui n'est pas encore accessible dans des zones plus reculées), sociales (les personnes âgées ont du mal à s'adapter), éducationnelles (certains Etats membres ont des difficultés à proposer aux élèves un matériel et des cours informatiques).
Commission Industrie, recherche et énergie: Mme Reding a présenté son initiative « e2010 » aussi à cette commission, en insistant en particulier sur l'absolue nécessité d'impliquer l'industrie dans le développement des nouvelles technologies. Estimant que « Bruxelles ne peut pas tout faire », elle demande aux Etats membres de faire des efforts et d'inclure dans leurs programmes nationaux de nouvelles priorités en faveur de la société de l'information (des rapports nationaux devront être présentés à la mi-octobre, a-t-elle indiqué), processus auquel l'industrie est pleinement invitée à participer. Interrogé par Nikolaos Vakalis (PPE-DE grec), sur les risques que le budget de la recherche soit laminé, la Commissaire n'a pu que déplorer la dégradation d'une situation déjà peu réjouissante: tous les ans, environ 400 projets de recherche, qui remplissent les critères pour un subside doivent être abandonnés par manque d'argent. Mme Reding a précisé que l'objectif des rapports nationaux attendus pour octobre était de signaler ce que chaque Etat membre prévoit de mettre en œuvre pour améliorer la mise en place des nouveaux moyens technologiques. J'aimerais, par exemple, voir une initiative de la Grèce pour développer la large bande, dont le taux de pénétration est très en retard par rapport à d'autres Etats membres, a-t-elle dit. Le socialiste finlandais Reino Paasilinna a évoqué les contenus véhiculés par les nouveaux moyens de communications: j'ai l'impression que le contenu disparaît, a-t-il remarqué. « Le contenu me tient très à cœur », lui a répondu Viviane Reding, pour qui des nouveaux moyens technologiques n'ont pas de sens sans un contenu valable et diversifié (« les deux doivent fonctionner dans un « win-win », a-t-elle commenté tout en indiquant que cela restait de la responsabilité des Etats membres et non de l'UE). Le problème de la concentration des médias dans certains Etats membres a été soulevé par Angelika Niebler (PPE-DE allemande). La Commission ne peut examiner cette situation que sous l'angle de la concurrence, rappelle Mme Reding, qui insiste néanmoins sur l'importance de la diversité et du pluralisme et signale l'existence d'une Task Force à la Commission pour observer l'application des règles de concurrence en matière de concentration des médias. « Je réunirai en septembre un sommet des rédacteurs en chef (…) et je verrai les éditeurs », a-t-elle annoncé. Elena Ek (ALDE, suédoise) a insisté pour sa part sur le « développement démocratique des TIC ». La Commissaire lui a répondu qu'une consultation publique est actuellement en cours notamment à propos, des initiatives en faveur des personnes âgées).
Présentation de la session plénière du Parlement européen( 22 et 23 juin à Bruxelles)