Bruxelles, 20/06/2005 (Agence Europe) - Lors du Sommet UE/Canada, le 19 juin à Niagara-on-the-Lake en Ontario, les deux côtés ont convenu de renforcer leur partenariat économique et de poursuivre un «multilatéralisme efficace» dans les dossiers internationaux. La délégation européenne (dirigée par Jean-Claude Juncker et José Manuel Barroso) et le Premier ministre canadien Paul Martin ont fait un état des lieux des négociations en vue d'un accord pour renforcer le commerce et l'investissement (ARCI), portant sur les principaux défis pour les relations UE/Canada en dehors des questions tarifaires. « Cet accord répondra aux besoins de nos milieux d'affaires respectifs en mettant l'accent sur les priorités qu'ils ont cernées, dont l'importance croissante de la coopération en matière de réglementation et d'investissement, de services, de marchés publics, de droits de propriété intellectuelle et de facilitation des échanges », affirme la déclaration commune adoptée au Sommet. Le prochain cycle de négociation sur cet accord commencera au début de l'automne. Les deux côtés ont aussi décidé de lutter ensemble contre la surpêche dans l'Atlantique Nord, d'agir contre la pandémie de grippe aviaire et d'assurer un meilleur partage des informations sur les passagers qui voyagent entre le Canada et l'Europe, dans le cadre de la lutte contre le terrorisme. Il a aussi été question du changement climatique: l'UE et le Canada ont réaffirmé leur volonté d'honorer leurs obligations au titre du protocole de Kyoto et de réfléchir sur la forme que prendra le régime international sur le changement climatique après 2012, notamment en vue de la Conférence de l'ONU sur le changement climatique, cette année, à Montréal.
Sur la sécurité internationale et de la gestion des crises, l'UE et le Canada réitèrent dans la déclaration commune qu'ils ont « la même perception des grands défis en matière de sécurité internationale, à savoir le terrorisme (…) la prolifération des armes de destruction massive (ADM), les États déliquescents ou en voie de le devenir, les violations flagrantes et à grande échelle des droits de l'homme, le crime organisé et la pauvreté », et appuient « un multilatéralisme efficace et la responsabilité première de l'ONU pour ce qui est de maintenir la paix et la sécurité internationale ». Dans la lutte contre le terrorisme, « nous sommes également unis dans le soutien que nous apportons aux activités de l'ONU dans ce domaine », lit-on dans la déclaration finale. L'UE et le Canada ont aussi convenu de coopérer davantage pour offrir une aide (formation, assistance technique et juridique) aux États qui ont besoin de ressources et d'expertise pour prévenir les actes terroristes.
Devant la presse, Jean-Claude Juncker a indiqué que la délégation européenne avait informé ses interlocuteurs sur les derniers événements en Europe, notamment le Conseil européen des 16 et 17 juin, et a expliqué que les difficultés internes de l'UE ne modifient en rien ses engagements internationaux et ses relations avec ses partenaires. «Le Canada restera un partenaire essentiel de l'UE, et nos discussions aujourd'hui ont reflété l'esprit de franchise et d'ouverture exemplaire qui caractérise nos relations», selon M. Juncker.
En marge du sommet, le ministre luxembourgeois des Affaires étrangères du Conseil, Jean Asselborn, s'est entretenu avec son homologue canadien Pierre Pettigrew au sujet d'un « grand nombre de sujets internationaux » (paix au Proche-Orient, en Irak et en Afghanistan, sécheresse au Soudan, insécurité en Haïti et programme nucléaire de l'Iran), indique un communiqué de la Présidence luxembourgeoise.