Bruxelles, 02/06/2005 (Agence Europe) - Le Conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE) a décidé jeudi de maintenir les taux d'intérêt de la zone euro inchangés, au même niveau que depuis deux ans. Le taux de soumission minimal appliqué aux opérations principales de refinancement reste donc à 2%, celui de la facilité de prêt marginal à 3% et celui de la facilité de dépôt à 1%. Cette décision « unanime » du Conseil des gouverneurs s'explique, selon Jean-Claude Trichet, par le niveau « approprié » et « optimal » des taux actuels. « Malgré une certaine modération par rapport au niveau record constaté l'année dernière », l'économie mondiale devrait rester forte et ainsi continuer de soutenir les exportations de la zone euro, a souligné devant la presse le Président de la BCE. De même, le niveau actuel de l'inflation (2% en mai) est conforme à l'objectif à moyen terme de la BCE, a indiqué M. Trichet, qui constate que les pressions inflationnistes sous-jacentes sont « restées plutôt contenues ». La BCE a en revanche revu légèrement en baisse ses prévisions trimestrielles de croissance pour la zone euro, qui s'établissent désormais entre 1,1 et 1,7% en 2005 et entre 1,5 et 2,5% en 2006.
Jean-Claude Trichet, qui avait affirmé qu'il n'envisageait qu'une victoire du « oui » au référendum sur la Constitution européenne, a, en répondant à des questions sur les référendums français et néerlandais, dit jeudi à la presse: « il s'agit surtout d'améliorer la confiance ». Il a en revanche refusé de faire tout commentaire sur la baisse de l'euro après le « non » français. De même, interrogé sur le risque évoqué dans la presse allemande d'un échec de l'Union économique et monétaire, il s'est associé aux déclarations du ministre des Finances allemand, Hans Eichel, et du Président de la Bundesbank, Axel Weber, déclarant: « je ne fais pas de commentaires sur une question absurde ».
Aux Européens, M. Trichet a lancé: « il est temps de consommer, vous pouvez être sûrs que nous préserverons votre pouvoir d'achat ». En même temps, il a dit vouloir « nourrir la confiance des entrepreneurs », et a considéré « l'environnement très favorable ». En reconnaissant que la stabilité des prix n'était « pas une condition suffisante et qu'il faut en particulier des réformes », M. Trichet a expliqué que les réformes détaillées que les Etats membres devront exposer à l'automne dans leurs plans d'action nationaux, seront « vitales pour la capacité de l'Europe à répondre aux défis résultant de (…) la division mondiale du travail, des changements technologiques rapides et du vieillissement de la population ».