Bruxelles, 31/05/2005 (Agence Europe) - Lors du Conseil Agriculture de lundi, la Commission européenne a refusé la demande de l'Italie en faveur d'une modification de la procédure communautaire d'évaluation des risques que présentent les produits génétiquement modifiés pour la santé et l'environnement.
En « points divers », l'Italie a demandé que l'Autorité européenne de sécurité des aliments (AESA), lorsqu'elle est chargée d'évaluer une demande de commercialisation d'un OGM, ne se limite pas à analyser exclusivement les données scientifiques fournies par l'entreprise de biotechnologie. L'AESA « n'effectue pas d'essais scientifiques pour évaluer la sécurité d'utilisation des nouveaux produits génétiquement modifiés, mais analyse exclusivement les données scientifiques fournies par le demandeur », explique l'Italie. Selon Rome, l'Autorité devrait être en mesure d'effectuer elle-même les analyses nécessaires pour évaluer de manière indépendante la sécurité des produits. L'Italie a été soutenue dans sa démarche par la Grèce, l'Espagne, la Slovénie, la Hongrie et le Luxembourg.
« Toute modification du système changerait l'ensemble de l'approche de l'UE en matière d'autorisation et aurait pour effet d'altérer la charge de la preuve », a répondu le Commissaire responsable de la santé et de la protection des consommateurs, Markos Kyprianou, qui ne voit « aucune raison » de revoir la procédure actuelle. Le ministre italien Giovanni Alemanno s'est dit déçu de cette réponse de la Commission. « Nous voulons des règles plus strictes et plus objectives d'autorisation des OGM. Il faudrait que l'AESA puisse réaliser ses propres expériences ou qu'elle puisse disposer d'une liste des laboratoires habilités à effectuer la vérification expérimentale des données fournies par le demandeur », a insisté M. Alemanno. La Commission s'est engagée tout de même à examiner cette question dans le cadre de la prochaine révision du règlement instituant l'AESA.