Bruxelles, 09/12/2004 (Agence Europe) - Le chef du groupe PPE-DE au Parlement européen, Hans-Gert Pöttering (CDU), s'est dit optimiste que son groupe - qui reste profondément divisé sur la question de l'adhésion de la Turquie - pourra quand même s'entendre sur une formulation de compromis qui pourrait non seulement être incluse dans le rapport Eurlings qui sera examiné la semaine prochaine par la plénière du Parlement européen, mais aussi dans la décision des chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE lors du Conseil européen du 17 décembre. Cette formulation, proposée par l'Autrichienne Ursula Stenzel, stipule qu'au cas où l'adhésion de la Turquie ne s'avérait "pas réalisable", d'autres options devraient être prises en compte en vue d'assurer que la Turquie "reste fermement ancrée dans des structures européennes". "Il semble y avoir une grande majorité au sein du PPE pour appuyer cette formulation", a dit M.Pöttering jeudi devant un groupe de journalistes. Le chancelier autrichien Wolfgang Schüssel, qui a été nommé coordinateur de la position du PPE sur la Turquie en vue de la décision du 17 décembre, est "sans doute" également favorable à cette formulation, d'autant plus que la proposition émane d'une Autrichienne qui s'est "très probablement" concertée avec son chef de parti sur cette question. La formulation de Mme Stenzel a l'avantage de tenir compte de l'évolution non seulement en Turquie, mais aussi dans l'Union européenne qui doit être capable d'absorber un pays comme la Turquie. Le passage "au cas où l'adhésion de la Turquie ne s'avérait pas réalisable" comprend évidemment aussi la possibilité que l'UE ne soit pas prête à accueillir la Turquie, a insisté M.Pöttering, qui ne cache pas qu'il est personnellement contre une adhésion de la Turquie (et donc aussi contre l'ouverture des négociations) et qu'il préfère un "partenariat privilégié" avec ce pays. Sur la question du partenariat privilégié, les députés allemands de la CDU/CSU sont sur la même longueur d'onde que leurs collègues français membres du groupe. Les autres opinions au sein du PPE bougent, estime M.Pöttering, qui croit sentir une certaine "réticence croissante" chez les conservateurs britanniques (jusqu'ici très favorables à la Turquie) et chez les collègues espagnols du PP. Dans le cas espagnol, cette tendance plus prudente à l'égard d'une adhésion de la Turquie "serait même en train de gagner le gouvernement" à Madrid. Le groupe du PPE-DE essayera lundi à Strasbourg de définir une position commune autour de la formulation de Mme Stenzel en vue d'amender le rapport Eurlings dans ce sens.