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Bulletin Quotidien Europe N° 8845
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/concurrence

La première opposition à une fusion de l'ère Neelie Kroes concerne le projet de rachat de Gas de Portugal par EDP et ENI

Bruxelles, 09/12/2004 (Agence Europe) - Le 9 décembre, la Commission européenne a, comme prévu, refusé le projet d'acquisition de l'opérateur historique Gas de Portugal (GDP) par Energias de Portugal (EDP) et la firme énergétique italienne ENI (EUROPE du 23 novembre). Au terme d'une enquête "scrupuleuse et minutieuse", l'avis de la Commission a été "partagé presque à l'unanimité par les autorités nationales de la concurrence", a expliqué à la presse la nouvelle Commissaire à la concurrence Neelie Kroes, qui estime que "cette fusion aurait été mauvaise pour les consommateurs portugais et pour la compétitivité de l'industrie portugaise". Et d'énumérer les inconvénients et les risques de cette opération, qui réduirait les bénéfices de la libéralisation du marché de l'énergie, exclurait d'éventuels nouveaux entrants au Portugal, conduirait à une hausse des prix et entraînerait des désavantages compétitifs d'ordre général pour l'industrie.

L'analyse de la Commission a porté à la fois sur le marché de l'électricité, désormais ouvert, et sur celui du gaz qui est en passe de l'être progressivement, avec à courte échéance la libéralisation de la fourniture de gaz naturel aux producteurs d'énergie. Selon la Commissaire Kroes, la fusion risquerait d'aboutir "pratiquement à une situation de monopole de l'entité fusionnée" sur les marchés de gros et de détail de l'électricité et du gaz au Portugal. L'opération signifierait que les deux entreprises, potentiellement concurrentes sur des marchés ouverts, seraient évincées des marchés sur lesquels l'autre est dominante. L'opération aurait aussi rendu les producteurs d'énergie, au Portugal, actuels et futurs, dépendants pour leur approvisionnement de leur principal concurrent, EDP, analyse la Commission.

Selon le projet, EDP et ENI devaient détenir respectivement 51% et 49% de GDP, mais les propositions des parties pour trouver une solution n'ont pas suffi. "En l'absence de mesures correctives satisfaisantes, la Commission a dû interdire l'opération", a indiqué Mme Kroes. Interrogée sur les attentes de la Commission en ce qui concerne des contre-mesures satisfaisantes, elle a voulu être "prudente à ce stade", jugeant simplement que "si les entreprises avaient pu montrer qu'elles maintenaient des éléments de concurrence, il n'y aurait pas eu de problème".

Par ailleurs, Mme Kroes s'est dite "impressionnée" par l'attitude du Président Barroso qui n'a jamais interféré dans la procédure, alors qu'il avait été l'instigateur du projet contesté, lorsqu'il exerçait les fonctions de Premier ministre portugais. Selon l'actuel ministre des affaires économiques du Portugal Alvaro Barreto, que cite Reuters, « la Commission continue d'analyser le problème d'un mauvais point de vue ». Le ministre a estimé que la décision aurait dû prendre en compte le marché ibérique ou européen dans son ensemble et ne pas se cantonner à celui du Portugal pour analyser l'impact de l'opération sur la concurrence et les consommateurs. M. Barreto a laissé entendre que son gouvernement pourrait soutenir EDP, si la société portugaise décidait de faire appel de la décision.

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