Bruxelles, 08/12/2004 (Agence Europe) - Lors de la plénière du 1er décembre de Bruxelles, les parlementaires européens Ivo Belet (PPE-DE, Belgique), Doris Pack (PPE-DE, Allemagne), Christa Prets (PSE, Autriche) et Hannu Takkula (ALDE, Finlande) ont interrogé la Commission européenne sur le problème spécifique du devenir du sport dans l'Union. Dès la fin de 1999, la Commission avait annoncé, dans son « Rapport d'Helsinki », les mesures qu'elle envisageait de prendre en vue d'assurer un développement équilibré du sport et sa fonction sociale. Le Parlement lui rappelle que, dans sa résolution du 7 septembre 2000, il lui avait notamment demandé d'appuyer des structures sportives autogérées, afin de promouvoir l'entraînement et le développement des joueurs tant dans les petits clubs locaux que dans les grands clubs reconnus au niveau international. Les députés souhaitent aussi que la Commission fasse le point sur les mesures prises ou envisagées pour renforcer le rôle social et intégrateur du football, et sollicitent des propositions de la Commission en vue de la mise en oeuvre du nouvel article sur le sport de la Constitution européenne, dès que la Constitution sera ratifiée. Et le Commissaire Jan Figel, dans sa brève réplique (par manque de temps, il a dû répondre par écrit à la plupart des questions détaillées), a promis: après la ratification de la Constitution, "nous travaillerons sur une politique du sport européenne". D'ici là, a-t-il noté, nous avons un peu de temps pour nous préparer, et "nous entendons entamer des consultations ouvertes (...), en grande partie dans le cadre d'ateliers, mais aussi via l'Internet, afin de nous assurer que nous avons le plus grand auditoire possible". Nous évaluerons aussi les expériences faites avec 2004, Année européenne de l'éducation par le sport, a signalé le Commissaire slovaque.
Au cours du débat, des questions ont porté notamment sur la possibilité envisagée par l'UEFA d'imposer aux clubs un quota de joueurs locaux et d'investir dans la formation de jeunes joueurs avec l'aide de subventions nationales. Dans ce contexte, Christa Prets a dénoncé les mesures aboutissant à réduire le rôle d'intégration sociale joué par le sport: le résultat du système de transfert des grands clubs, déplore-t-elle, est que "les liens entre les clubs et la communauté qui se sont tissés au fil de nombreuses années deviennent de plus en plus faibles". Le Vert français Jean-Luc Bennahmias, pour sa part, a plaidé pour "une réglementation beaucoup plus stricte de l'achat de jeunes joueurs". J'ai appris, s'indigne-t-il, que "des joueurs de 6 et 7 ans" ont été achetés par le Real Madrid et le Manchester United. Il ne faut pas accepter de transfert avant l'âge de 16 ans, insiste le député, qui avertit aussi: n'ignorons pas les actes xénophobes et racistes "dans nos stades, en Italie, en France, en Espagne, aux Pays-Bas et j'en passe (...). C'est là une question pour le Conseil européen mais qui concerne aussi, à mon avis, la Commission". (Le travailliste britannique Gary Titley a salué dans ce contexte la campagne "Give Racism a Red Card" lancée dans son pays). Brian Crowley, coprésident du groupe Union pour l'Europe des Nations, avoue quant à lui: "cela m'irrite lorsque j'entends des gens se plaindre que des clubs comme Real Madrid ou Manchester United utilisent leur puissance financière et leurs muscles au détriment d'autres clubs. En fait (...), des clubs qui ont dépensé pour les joueurs moins d'argent que Manchester United ou Real Madrid se retrouvent devant eux (...). La vraie question est de savoir ce que nous faisons pour assurer que les talents locaux ont les meilleures chances de prospérer et de grandir dans leurs propres parages. Plus important (...), il faut assurer que ceux qui ont du talent (...) ne sont pas entravés et peuvent utiliser cette capacité-là où elle leur est plus profitable". L'élu de la CDU Thomas Mann, membre du groupe de travail du PE Friends of Football, au contraire, regrette: "Si les clubs riches achètent les « youngsters » doués, la frustration des petits clubs est grande. Dans ces équipes formées de vedettes, ces talents, s'ils n'apportent pas un succès sportif rapide, restent assis sur les bancs. Ainsi, les bonnes nouvelles générations sont gaspillées". Le conservateur britannique Christopher Beazley, pour sa part, a relevé, comme d'autres députés, à quel point la nature du football a changé du fait de "la couverture croissante par la télévision et de l'augmentation des financements par la publicité". L'élu des Baléares Bernat Joan i Mari' (Verts/ALE) pose, lui, le problème des "nations sans Etat" pour lesquelles "l'identification par le sport devient très difficile". Au Royaume-Uni, remarque-t-il, le problème est réglé par l'existence des équipes nationales écossaise, galloise et d'Irlande du Nord, alors que "en Catalogne, nous avons plusieurs équipes nationales qui ne peuvent pas jouer dans des compétitions internationales".